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Un espoir de vaccin contre le SIDA

Il permettrait de prévenir plus du tiers des contagions

Des chercheurs américains et thaïlandais ont mis au point un vaccin capable de réduire de façon significative le risque de contamination L’opération est présentée comme la plus importante jamais effectuée pour un vaccin contre le sida dans le monde. Elle a été conduite par le ministère thaïlandais de la Santé et l’armée américaine. La combinaison de vaccins permettant de réduire de plus de 30 % le taux d’infection par le sida sur des personnes séronégatives. Les scientifiques vont maintenant essayer d’exploiter ces vulnérabilités du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) pour élaborer de nouvelles approches afin de concevoir un vaccin. Ils espèrent empêcher ainsi l’infection responsable de plus de 25 millions de morts depuis 1981. Ces supers anticorps appelés « bNAbs » ont des capacités étendues de neutralisation du VIH.

Un réel espoir
Il est testé depuis 6 ans sur 16 000 volontaires en Thaïlande. Il s’agit d’une combinaison de deux vaccins qui réduit, d’après l’étude, d’un tiers le risque d’infection par le virus VIH, mais surtout ces résultats représentent la première piste vaccinale concrète depuis la découverte du virus en 1983. Après les conseils d’usage et de prévention en matière de sexualité, tous sont retournés à leur vie habituelle. Ils ont été suivis pendant trois ans et demi, à raison d’un rendez-vous médical tous les six mois. Dans le premier groupe, celui des vaccinés, 51 personnes sur 8.000 ont été infectées. Dans le second groupe, celui des placebos, 74 personnes sur 8.000 ont été infectées. Un espoir pour le laboratoire français Pasteur qui parle d’une « étape scientifique marquante » .

De nombreuses vérifications à faire
Mais un espoir qui reste contenu en ce qui concerne l’organisation mondiale de la santé (OMS) et l’agence spécialisée de l’ONU pour le sida (ONU sida). Les deux organisations des Nations unies estiment que « beaucoup de travail reste à faire ». La protection offerte par ce vaccin est encore très limitée pour laisser envisager un réel impact sur les politiques sanitaires. Selon certains observateurs éclairés sur la question, l’essai montre aussi que le candidat vaccin n’offre pas de bénéfices thérapeutiques pour les personnes devenues séropositives malgré l’injection du vaccin. Interrogés sur ce sujet, les chercheurs ont reconnu que le seuil de 99,9 % d’efficacité, comme peut l’être celui du préservatif, ne sera peut-être jamais atteint pour un vaccin contre le VIH. Les campagnes d’information et de prévention devraient alors redoubler d’intensité pour rappeler que le vaccin n’est qu’un complément à d’autres moyens de protection.

Un gros travail doit encore être fait, de nombreuses enquêtes seront menées et un groupe de collaboration internationale sera nécessaire pour analyser les données des essais, comprendre le mécanisme protecteur, déterminer la durée de la protection, et planifier les prochaines étapes. Il faudra aussi voir si les deux composants du vaccin spécifiques dans le cadre de leur test s’appliqueraient à d’autres régions du monde avec les milieux génétiques différents et sur divers sous-types d’VIH. Enfin, une fois le vaccin disponible, il devra être universellement accessible par toutes les personnes en danger.

Le préservatif reste le meilleur moyen de prévention
Afrique Avenir)/n
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