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Un lecteur réagit sur le débat sur l’identité nationale en France

Le discours sur la Blanchitude a toujours précédé la Négritude

En cette période où la question de l’identité nationale française semble hélas préoccuper les africains plus que les concernés, et pour cause, le noir se veut toujours plus « universaliste » sans propres répères, plus universaliste que ceux-là qui, comme des orfraies font des incantations sur ces concepts alors qu’ils ne les appliquent pas. Il semble important de rappeler au « Noir » en général certaines choses, dont « Plus on est nègre, plus on sera universel », Aimé Césaire. Au lieu de chercher à travailler sur un possible dialogue serein et constructif avec l’autre, qui ne s’en préoccupe même pas, commençons déjà par chercher à devenir qui on Est pour mieux aller vers lui. L’universalisme recherché n’aura donc qu’un sens que si on s’assume en restant nous mêmes.

La mort d’Aimé Césaire a été un tremplin pour certains esprits malveillants de s’en prendre à la « Négritude » en le peignant comme concept racialiste voire raciste pour certains et pour d’autres de le cloisonner dans des considérations infécondes. Ceux des « blancs » qui y voient du racisme n’hésitent pas à poser la question: « Et si on parlait de la « Blanchitude  » qu’est-ce que cela donnerait ? Une fois de plus, ceux et celles de nos « amis » qui se livrent à cette interrogation sont, soit de grands ignorants ou alors des hommes d’une mauvaise foi sans commune mesure. Qui s’est imprégné de ce concept aura fait le constat que la négritude n’est qu’une réponse à une agression idéologique et ne prône que la reconnaissance par l’autre de l’humanité du « Nègre ». A contrario, il aura également compris que le discours sur la » Blanchitude » a précède celui sur la « Négritude » dans le temps, qu’il a avili le nègre et dans sa perception et dans son essence. Puisque ses tenants pensent que la » Blanchitude » précède et est au-dessus de la négritude dans son appartenance à l’humanité et Monstesquieu, pour ne citer que lui, l’a bien dit en ces termes  » On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir.  » Des esprits plus malins et futés nous expliqueront que c’est de l’humour. Une rhétorique bien difficile à comprendre pour les esprits nègres et pour cause, pas assez humains donc moins intelligents. Attitude qui ne devrait normalement plus ou pas surprendre ceux qui accusent ces mêmes noirs de ne pas comprendre Montesquieu puisque le préalable de leur essence est pourtant posé, une inaptitude à l’exercice cognitif.

Certains « Noirs » qui ne veulent surtout pas être estampillés de racistes en affirmant leur « négritude », parce que le concept même de « Négritude » a été dévoyé, préfèrent l’enfermer dans un universel qu’ils seraient incapables de définir tant les outils de définition sont biaisés voire inexistants. Mais par mimétisme et psittacisme et surtout par crainte de s’assumer comme tels, préfèrent une évasion hasardeuse dans un concept creux que même ceux qui en parlent, ont du mal à mettre en application. Y a qu’à considérer la question de l’identité qui occupe les esprits dans ces ensembles que l’on croit « parfaits » et qui énoncent des principes « universels ».

Cette tentative ou acte avéré d’enfermement dans un universalisme béat et non maîtrisé fait oublier les horreurs de l’idéologie « blanche » sur les « noirs » pour diluer dans un angélisme stérile et infécond; Ce qui est tout simplement la traduction d’un manque de conviction de ses propres valeurs dans lequel baigne le nègre. Cet auto flagellation est un refus de la diversité et de la complémentarité de l’humanité dans son ensemble. Car qu’on le veuille ou non, l’universel dans lequel se réfugie le Nègre qui refuse sa négritude, n’est rien d’autre qu’un leurre, qu’une illusion. C’est un universalisme de dépit qui repose sur la peur qu’on lui a inculquée de s’assumer comme il est.

La question est donc pour les Nègres: De quel universalisme parle t-on ? Celui définit par l’idéologie occidentale blanche et ne reconnaissant pas l’altérité de l’homme de « couleur » ? Est-ce celui qui, pour parler comme Aimé Césaire, ruse avec les principes ? Ou alors celui que le même Aimé Césaire qui, affirmant sa négritude sans nier l’appartenance à l’humanité à quiconque déclarait: »Plus on est nègre, plus on sera universel ». Voir une once de négation de l’autre dans la  » Négritude » ne pourrait relever qu’une volonté manifeste de ruser avec les principes afin de semer le trouble dans les esprits et maintenir dans le nègre dans le tourbillon du flou, ce flou qui fait de lui un être sans repères autres que ceux définis par ses « maîtres ».

Dénoncer les exactions de l’idéologie occidentale blanche et ensuite affirmer sa négritude ne signifient pas s’exclure ou exclure l’autre de l’humanité, encore moins de l’universel, mais bien au contraire. C’est juste faire accepter que l’universel, le vrai, est composé et constitué tout simplement de la somme des diversités qui existent. Le « I’m Black I’m Proud » n’est pas une extraction, un effacement de l’autre de l’ordre de l’humanité, mais son acceptation et son insertion avec soi dans la grande famille de l’humanité.

A ceux qui pensent que la « Négritude » est un racisme, il faudrait peut-être le dire avec vigueur et sans complexe aucun que jamais ce concept n’a prôné l’infériorité de l’homme « blanc », il ne l’a jamais dépouillé des attributs humains, il n’a jamais incité à sa destruction. La négritude n’a jamais théorisé l’infériorité des races. La négritude est tout simplement née des horreurs de ce qu’il est convenu d’appeler: l’idéologie de « La Blanchitude », elle est née du refus de l’autre de considérer le nègre comme une création divine. Elle est un appel, une imploration même à l’acceptation de la diversité de l’humanité, ce qui la différencie de ce qu’est la « Blanchitude » chère aux illuminatis et qui n’est rien d’autre qu’une Idéologie tout simplement obsessionnelle de la négation du « noir » ou du nègre.

Le lecteur ou la lectrice est prié (e) de juger par soi-même de la dangerosité et de la nocivité des deux concepts après lecture de Aimé Césaire, Senghor, d’un côté, et Gobineau, Holevacque, Watson, Montesquieu, Deloszières etc… de l’autre…

Jean-Jacques Dikongué
Journalducameroun.com)/n
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