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Un plaidoyer pour l’adoption d’une loi contre les violences faites aux femmes

Le sujet est au centre d’un atelier de concertation des organisations de la société civile ouvert mercredi à Yaoundé

La vingtaine entamée, Fadimatou, originaire de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, à travers son témoignage, a ému de nombreux participants, mercredi, 08 juillet 2015, à Yaoundé. C’était au cours de l’atelier de concertation sur la mise en place d’une stratégie de plaidoyer et lobbying pour l’adoption des textes lois contre les violences sexistes et sexuelles. Fadimatou raconte qu’elle n’avait que 13 ans quand son père a décidé de la marier à un homme âgé de 35 ans.

Pendant deux ans, elle subissait des violences de tout genre. «Mon époux me battait régulièrement et me forçait à avoir des relations intimes avec lui lorsque je refusais. Au bout de deux années de souffrance avec un enfant à la clé, j’ai décidé de rentrer chez mes parents. Mon père a refusé de me recevoir et c’est le père d’une amie qui a accepté de m’héberger chez lui pendant un moment », a confié la jeune fille.

C’est pour que des histoires comme celles de Fadimatou ne soient pas répétées que «les organisations de la société civile issue de toutes les régions du pays sont en concertation en vue de trouver des stratégies relatives vers une coalition nationale. Ceci en vue d’impulser une loi contre les violences sexuelles», a expliqué la coordinatrice de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) pour l’Extrême-Nord, Aïssa Doumara Ngatansou.

Selon l’ALVF, les violences faites aux filles et aux femmes affectent particulièrement la région de l’Extrême-Nord. Sur 300 cas, recensés chaque année, environ 90% concernent des survivants et victimes de mariages précoces et forcés. De plus, les filles de 13 à 15 ans constituent la tranche d’âge la plus exposée et la plus touchée. «Les pesanteurs socioculturelles sont encore ancrées dans les mentalités ainsi que l’ignorance des religions. Les mutilations génitales continuent de sévir. Il y a encore des résistances. Tout ceci est dû à un vide juridique. Si on met en place une loi qui puisse punir ces pratiques, les choses pourront changer parce que la situation reste critique», a affirmé le coordonnateur du Réseau des animateurs pour l’éducation des communautés, Boubakari Hamadou. L’atelier s’achève ce jeudi.


rfi.fr)/n



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