Politique › Institutionnel

Un premier pas de la France dans l’affaire Lydienne Eyoum

Lors de son récent séjour au Cameroun, l’ambassadrice française pour les droits de l’Homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay, a rendu visite à l’avocate dans sa cellule de Kondengui

Le lobbying des différents comités de soutien à Lydienne Yen Eyoum est-il en train de porter des fruits ? On serait tenté de le croire, avec la récente visite de l’ambassadrice française pour les droits de l’Homme, qui s’est rendue au Cameroun, du 28 au 30 avril 2014. En effet, dans le cadre d’un « dialogue régulier », comme l’explique le ministère français des Affaires étrangères sur son site, engagé sur le thème des droits de l’Homme, Patrizianna Sparacino-Thiellay a été reçue par plusieurs membres du gouvernement, à l’instar du ministre de la Justice et celui de la Promotion de la Femme et de la Famille. Avec ces autorités, elle a abordé divers sujets dont les très controversés droits des personnes Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans (LGBT).

Elle a profité de cette opportunité pour rendre visite à Lydienne Eyoum, avocate «franco-camerounaise», qui se trouve en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui depuis plus de quatre ans. L’ambassadrice a eu également, officiellement, des entretiens avec « plusieurs membres de son comité de soutien à Yaoundé ».

On se rappelle qu’à sa sortie de prison par une grâce présidentielle en février 2014 après 15 ans de prison, le Franco-camerounais Michel Thierry Atangana avait promis qu’il s’engagerait pour faire sortir Lydienne Eyoum de prison, autre « Franco-camerounaise » dans les geôles du Cameroun. L’avocate, incarcérée depuis 2010 à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui, est poursuivie, avec Polycarpe Abah Abah et autres, pour avoir retenue frauduleusement par devers elle 1, 077 milliard de F CFA d’une somme totale de 2,155 milliard de F reçue de la BEAC et destinée au Trésor public. Selon l’avocate, cet argent représentait ses honoraires dans le cadre du recouvrement des fonds de l’Etat dans une affaire où elle était son conseil.

Les avocats français de Lydienne Eyoum, Me Christian Charrière-Bournazel et Me Caroline Wassermann, ont engagé de nombreuses actions en France pour mettre la pression sur le Cameroun pour la libération de la « Franco-camerounaise ». C’est ainsi qu’ils ont par exemple adressé une lettre au pape François le 24 avril 2014 pour qu’il intervienne auprès du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya. Michel Thierry Atangana, qui avait bénéficié du soutien de la France pour sa libération, a été reçu le 28 mars 2014 à l’Elysée pour plaider le cas de Lydienne Eyoum auprès de François Hollande. A cette occasion, il avait affirmé confiant : «Il a été très sensible [le président français, Ndlr], et je pense que des actes seront posés dans les jours qui viennent». Actes qui auraient, selon toute vraisemblance, commencé à voir le jour avec la visite de l’ambassadrice Patrizianna Sparacino-Thiellay.

Ici, photo de famille lors de la rencontre avec les associations de défense des personnes LGBT
diplomatie.gouv.fr)/n



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