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Un syndicat dénonce les violences militaro-policières faites aux journalistes

Il attire l’attention sur de nombreuses exactions commises sur des journalistes par des policiers ou des militaires

Au moins dix cas recensés en moins d’un mois
Le syndicat national des journalistes du Cameroun se dit préoccupé par la généralisation des violences militaro-policières contre les journalistes couvrant les événements publics au Cameroun. Dans un communiqué signé de l’organisation, on apprend qu’elle a recensé rien que pour les deux dernières semaines de nombreux cas de ces actes de violence commis par des membres des forces de l’ordre et de sécurité camerounaises à l’encontre de nombreux journalistes et hommes de médias couvrant différents événements ou manifestations publics.

Le 1er décembre 2010, plusieurs journalistes venus aux nouvelles à la suite de l’interpellation suivi du transfert à Yaoundé, à la Direction nationale de la police judiciaire de l’ancien administrateur directeur général de la défunte compagnie aérienne publique nationale Yves Michel Fotso, ont été violemment rudoyés par des membres en civil de la police nationale. Le Journaliste Reinnier Kaze, un des correspondants au Cameroun de l’Agence France Presse (AFP), en présence de son confrère Alliance Nyobia du quotidien à capitaux publics « Cameroon Tribune », a ainsi été roué de coup par ces policiers avant de voir confisqués son bloc-notes ainsi que les informations qu’il avait patiemment collectées.
Communiqué du syndicat national des journalistes du Cameroun

L’organisation cite aussi de nombreux cas de violences subis par des journalistes à Bamenda lors de la célébration du cinquantenaire des armées où Yérima Kini Nsom du Bi-hebdo d’expression anglaise « The Post », aurait été contraint par des éléments de la Garde présidentielle de suivre le défilé assis à même le sol. Dans les même circonstance relève le SNJC, le journaliste Aldorac Lamissa, correspondant à N’Gaoundéré du quotidien « Le Jour » a fait l’objet d’une interpellation sans mandat écrit suivie d’une séquestration et des menaces de mort pour avoir rapporté des faits mettant en cause des officiers de l’armée camerounaise dans cette localité.

Le SNJC qualifie ces différents faits d’entraves très graves à la liberté de presse et du droit du public à une information crédible et pluraliste. Il soulève le fait qu’aucun des auteurs de ces actes n’a été ni interpellé ni poursuivi par les juridictions camerounaises en principe garante de la protection de la liberté d’information, comme de toutes les autres. Le SNJC indique aussi condamner fermement les atteintes récurrentes et massives à la liberté de travail des journalistes et appelle les confrères à résister à ces man uvres d’intimidation et de censure orchestrées en toute impunité par des éléments de l’appareil militaro-policier de notre pays. Mais l’organisation qui a dit vouloir se constituer partie civile général pour toute circonstance de violation dans les conditions d’exercice de leur travail, invite les journalistes à plus de correction dans le comportement.

Nous invitons les journalistes camerounais à faire preuve de correction et de dignité lors de la couverture des événements publics de même que pendant la collecte des faits, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent ou se déroulent, le SNJC appelle les pouvoirs à garantir la sécurité des journalistes et des professionnels des médias dans l’exercice de leur travail.
Communiqué du syndicat national des journalistes du Cameroun

Le SNJC une organisation syndicale indépendante spécialisée dans la défense des intérêts moraux, professionnels et sociaux des journalistes et travailleurs des médias du Cameroun. Affilié à la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), il est membre fondateur de la Fédération Africaine des Journalistes (FAJ) et de l’Union des Syndicats des Professionnels de la Communication de l’Afrique Centrale (USYPAC). Son siège est à Douala. Le SNJC est membre de la confédération des syndicats autonomes du Cameroun (CSAC).


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