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Une journée internationale pour lutter contre les mutilations génitales

Le Cameroun reste concerné par cette pratique, qui selon les récents chiffres touche encore jusqu’à 20% de femmes

Rencontre prévue à la Briqueterie avec les communautés exposées
Le Cameroun se joint à la communauté internationale pour célébrer la journée internationale contre les mutilations génitales. L’occasion sera donnée au ministère de la Promotion de la femme et de la famille d’évaluer une des mesures prises l’an dernier à l’occasion de la troisième édition de cette journée. Elle se célèbre cette année sous le thème «le rôle des hommes et des femmes dans l’éradication de la pratique des mutilation génitales», et le ministre en charge des questions des femmes a prévu, ce samedi, une rencontre thématique à la Briqueterie, un quartier de Yaoundé. L’an dernier, le gouvernement avait obtenu d’El Hadj Sallaou Mohamadou, célèbre exciseur au quartier Briqueterie et des exciseuses venues de Kousseri, de mettre un terme à leur activité et de mener une véritable campagne de sensibilisation auprès des populations. Le gouvernement avait remis en échange, des tracteurs, des motos à pompe, des moulins à vivres frais, des machines à coudre, des boites de semences d’oignons, des arrosoirs et des enveloppes symboliques.

Une pratique multiforme
Le phénomène touche plus de 20 pour cent de la population féminine, selon des statistiques officielles au ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF). La plupart des femmes concernées subissent l’excision du clitoris (auquel s’ajoute dans certains cas l’ablation des petites lèvres, et 5 % l’infibulation). L’âge auquel sont pratiquées les mutilations pousse les individus à perpétuer cette pratique. Une bonne proportion de femmes plus jeunes ont exprimé leur souhait d’abandonner les MGF, soit parce qu’elles jugent cette pratique inutile, soit parce qu’elles sont au courant des risques qui y sont liés. Une autre forme de mutilation génitale féminine est la pratique du repassage des seins. Elle consiste à masser la poitrine naissante des fillettes avec des pierres à écraser préalablement chauffées ou avec d’autres objets chauds ou à leur appliquer des serre-seins en utilisant des serviettes chaudes ou des bandes de plastique combinées à des pierres chauffées, des pilons ou des spatules afin d’aplanir les seins et de freiner leur croissance.

Une préoccupation constante du gouvernement camerounais
Le gouvernement camerounais s’est engagé activement à lutter contre les MGF depuis le milieu des années 1980 et a adopté un Plan national d’action contre les MGF en 1999. Il a signé les principaux traités et conventions internationaux sur les droits des femmes et des enfants. Le Code pénal camerounais ne punit pas cette pratique, tandis que la Constitution reconnaît et protège les «valeurs traditionnelles conformes aux principes démocratiques, aux droits humains et à la loi». Aucune poursuite judiciaire n’a été enregistrée jusqu’ici en rapport avec les MGF, et la Commission nationale pour les droits humains créée par le gouvernement ne s’est pas encore attaquée aux pratiques discriminatoires à l’égard des filles et des femmes. De nombreuses associations participent elles aussi à ces efforts du gouvernement. Depuis quelques années, la coopération allemande soutient l’effort du gouvernement en apportant son appui à de nombreuses associations qui militent pour l’éradication de cette pratique.

Le défi de la tolérance zéro pour les mutilations génitales des femmes
C’est le Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (un réseau non gouvernemental qui a permis d’introduire une législation en la matière dans certains pays africains et a débouché sur l’abandon de ces pratiques par les communautés) qui a lancé en 2003 la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Dans sa résolution 2003/28, la sous-commission des Nations unies de la promotion et de la protection des droits de l’homme a engagé l’Assemblée générale des Nations unies à «proclamer le 6 février Journée internationale pour l’élimination des mutilations génitales féminines et de toutes autres pratiques traditionnelles nocives pour la santé des femmes et des fillettes». Cette journée est célébrée désormais chaque année à la fois en Afrique et en Europe. Il y est précisé que: «Parmi ces mutilations, l’excision est non seulement une mutilation, mais une atteinte à la dignité et à la sexualité des femmes». Des voix s’élèvent en Europe comme en Afrique pour l’élimination de ces pratiques.

Le 6 février
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