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Une marche des parents d’élèves d’une école impactée par le 4è pont d’Abidjan étouffée par la police

Des parents d’élèves du groupe scolaire Sainte Adjoua Fadette de Yopougon impacté par les travaux du 4è pont d’Abidjan ont tenté, jeudi, une marche de protestation, rapidement, étouffée par la police après plusieurs heures de négociations, a constaté APA, sur place.Plusieurs centaines de parents d’élèves, en majorité , les femmes ont investi l’enceinte du groupe scolaire Sainte Adjoua Fadette sis à Yopougon Kouté Est, pour protester contre une prétendue décision de démolition de cet établissement général, technique et de formation professionnelle, impacté, dit-on par les travaux de construction du 4è pont d’Abidjan reliant les communes du Plateau, d’Attécoubé, d’Adjamé et de Yopougon.

En compagnie de leurs progénitures avec des pancartes aux messages évocateurs comme « Non à l’injustice, non à la démolition de la Fadette », ou « D’accord pour le 4è pont mais respectez le plan initial » ou encore « Souciez-vous des futurs cadres de ce pays », les parents sont venus comprendre ce qui arrive à l’école de leurs enfants.

« Depuis quelques jours, il nous revient de façon récurrente que cet établissement où nous avons inscrits nos enfants orientés par l’Etat ou pas, sera détruit pour cause de 4è pont. Et ce n’est que le 14 septembre dernier que la mairie qui nous a convoqués à une rencontre a donné l’information. Pourtant nos enfants sont déjà inscrits », fulmine Mme Marcelle Doumbia dont la fille est orientée en 6è.

Pour Emmanuel Kouassi, infirmier à la retraite dont trois enfants fréquentent l’établissement, « ce serait une injuste si cette décision est avérée, car au plan initial du 4è pont, ce groupe scolaire n’était pas concerné par le tracé ».

Ce qu’atteste Honoré Kouadio Konan, Sous-directeur des Etudes. «Nous ne sommes pas contre la réalisation de l’ouvrage. Mais qu’on nous dise clairement ce qui en est. Car un premier plan qui nous a été présenté en 2016 par l’Ageroute n’affectait pas notre établissement. Comment se fait-il que depuis deux semaines, des agents de l’Ageroute viennent distiller des informations selon lesquelles Fadette est impacté par le 4è pont ? », interroge-t-il.

Pour Roger Miessan, professeur de Lettres, c’est « un complot ourdi contre notre école qui, ces dernières années surclasse beaucoup d’établissements devanciers. Sinon comment comprendre que l’Etat, pour cette rentrée scolaire nous affecte plus de 500 élèves, déjà inscrits et on veut détruire l’école, non… », s’insurge-t-il.

Le Commissaire de Police, Olivier Dosso et ses éléments du 19è Arrondissement venus ont su persuader les manifestants dont ils comprennent le bien-fondé de leur action. Mais, le Commissaire Dosso leur a signifié l’illégalité de la marche qu’ils projettent d’organiser jusqu’à la mairie de Yopougon.

En l’absence   d’une preuve matérielle, l’officier de police, dans un langage « diplomatique » a apaisé les cœurs des nombreux parents d’élèves prêts à en découdre avec les autorités municipales. « Attendez qu’on notifie cela (la démolition) aux responsables de l’établissement avant d’agir, éventuellement, dans la légalité », a-t-il conseillé en substances.

Ces propos ont suffi pour voir les parents d’élèves repartir chez eux avec la conviction que leurs enfants reprendront le chemin, dès vendredi, le chemin du groupe Adjoua Fadette en toute quiétude, comme l’a signifié la Directrice générale, Aïcha Traoré épouse Doumbia.

« C’est une affaire qui dépasse l’entendement humain. Nous n’avons jamais été recensés comme potentielles victimes du 4è pont encore moins enregistrés par quelle que structure que ce soit pour que notre établissement soit démoli. Alors je demande aux parents de rentrer et de permettre à leurs enfants de venir demain matin. Il y aura cours », a rassuré Mme Doumbia, soulageant, également le personnel de l’établissement.

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