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Une reine nommée Eteme!

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Queen Eteme aime ce qu’elle fait et l’écouter chanter le prouve. L’écouter parler aussi!

On a Hilary Clinton, candidate à l’élection présidentielle américaine, Angela Merkel, Michelle Bachelet, Mary Mc Aleese ou encore Ellen Johnson Sirleaf qui gouvernent déjà, qu’est ce que cela vous fait en tant que femme?
Ça m’inspire que les femmes ont fait du chemin même s’il reste à faire, ça m’indique que les femmes ont fait partie des combats et je pense que plus il y’aura les femmes aux affaires et dans la politique, mieux le monde se portera. Parce qu’elles ont une autre façon d’aborder les problèmes et de trouver des solutions aux nombreux maux qui minent notre société.

Votre album Soki est sorti ça fait cinq ans déjà. Avec du recul, comment jugeriez-vous l’accueil qu’il a reçu?
J’ai été très agréablement surprise. Soki a fait l’unanimité au sein de la communauté artistique. Chez mes pairs, beaucoup m’ont félicité, c’est un album que les gens aiment beaucoup. Dans les médias aussi, il a reçu un bon accueil. J’ai été très agréablement surprise de voir que cet album a plu à un public très large, divers. Alors qu’à la base, sortant des écuries de Manu Dibango, les gens disaient que je fais une musique élitiste, et je suis vraiment contente que Soki soit diffusé jusqu’à Obala (NDLR, ville du centre du Cameroun).

Comment définirez-vous le style Queen Eteme, musicalement parlant?
Mon style est à l’image des influences musicales que j’ai eues, de ma culture musicale. Je suis née au Cameroun, les musiques qui m’ont bercées quand j’étais enfant, ce sont les musiques traditionnelles du pays Eton, le makossa, le magambeu, le bikutsi. Ensuite, il y’a le gospel car j’ai commencé ma carrière dans les églises, en chantant du gospel. Ensuite, j’ai connu toutes les dérivées du gospel, le jazz, la pop, la bossa. Il y’a enfin les rencontres artistiques que j’ai eues avec des gens comme Ismaélô avec qui j’ai appris le Mbalar, le mandengue à travers Salif Keita ou Oumar Sankaré, le reggae à travers Alpha Blondy. C’est des styles musicaux qui m’apportent chacun à sa manière et c’est le mélange de tout ça qui fait mon univers musical.

Mon style est à l’image des influences musicales que j’ai eues.
J’aime le makossa
Queen Eteme

Où puisez vous les thèmes que vous traitez?
Tout m’intéresse en tant que chanteuse. Un artiste est un haut parleur pour beaucoup de personnes. Ce n’est pas tous les gens qui peuvent émettre des idées. Tout peut m’intéresser, m’inspirer. C’est les histoires des gens au quotidien, des gens qui m’entourent. Mes problèmes en tant que femme ou artiste. C’est aussi tout ce qui m’interpelle au niveau de l’actualité, les guerres, les injustices, les handicaps, les maladies, l’amitié et des thèmes heureux comme l’amour, la paix. Il y’a la famine qui fait des ravages, la sécheresse, désertification du sahel, c’est un thème pour lequel je me mobilise.

Vous avez travaillé pendant longtemps avec des artistes de renom tels que Manu Dibango, Ismaelô, Alpha Blondy. Quels sont les rapports que vous avez gardés avec eux?
De très bons rapports. D’abord, en parlant de Manu, c’est un père spirituel pour moi. C’est quelqu’un qui m’a appris une rigueur, une manière d’aborder les choses, de contourner les obstacles. Il m’a appris à aborder le métier avec beaucoup de lâcher prise, de simplicité et d’humilité finalement. Chacun de ces artistes a son caractère et m’a apporté à sa façon. Mon travail et mon combat au quotidien est de tâcher à chaque fois que ces souvenirs et ces conseils soient dans mon esprit afin d’avoir toujours un endroit où aller puiser quand je suis en difficulté. Je me souviens alors de ces conseils, de tout ce que j’ai partagé avec eux. Ajouté à cela ma propre réflexion, c’est tout ce mélange qui m’aide parfois à surmonter les difficultés.

Quand on vous écoute en live, vous dégagez une telle énergie. Où la puisez-vous?
De partout. Je la puise de tout l’amour que les fans me donnent, de tout l’amour que tous les gens qui m’entourent me donnent et de tout l’amour que tous les gens avec qui je travaille me donnent. Vous savez on dit derrière une grande artiste se cache une grande équipe, un grand manager, un artiste c’est tout ça. Le talent est important mais l’entourage aussi. Le métier d’artiste est difficile, agréable et difficile.

On vous sait très engagée pour la cause des enfants malades notamment avec le concert que vous avez donné au Lions Club Orchidée de Douala récemment ; qu’est ce que cela représente pour vous?
Cela représente le combat de toute une vie. Je fais de la musique, c’est ma passion. Mais aussi, j’ai ce que j’appellerais et que j’accepte très humblement comme une mission, c’est ce que je demande à Dieu au quotidien : c’est que ma voix soit un médicament pour ceux qui souffrent. Qu’elle soit un moment d’apaisement même le temps d’une chanson.

Qu’est ce qu’une artiste selon vous?
Moi en tant qu’artiste, je suis une amoureuse de la vie, d’où cet excès d’énergie. Quand je me lève le matin et que j’entame une journée, je suis déjà sur la journée de demain. Le mutisme et le manque d’action peuvent pousser à se suffire. Je me considère comme quelqu’un qui a envie de partager avec les autres. Un artiste doit savoir partager. Pour moi, être au service de la musique, c’est être au service des autres, les écouter et partager avec eux.

Comment conciliez-vous votre vie familiale et votre vie professionnelle?
Ma vie familiale au quotidien c’est mon fils, ma famille, mes amis, tout ce que j’ai. Je pense que je suis confrontée au problème de partage de mon temps entre mon métier et ceux qui m’aiment car ceux qui m’aiment c’est parfois au détriment de leurs vies. Est-ce que je me dis je suis artiste et je prends tout pour moi ou est ce que j’essaie de donner quelque chose en retour. Ça peut être un mot d’amour, un geste, c’est parfois suffisant.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes femmes qui veulent faire une carrière comme la votre?
Si je peux me permettre, je leur dirais d’être elles mêmes. En commençant ce métier, j’ai rencontré une femme qui s’aplellait Carole Frédéric puisqu’elle est morte maintenant et elle m’avait dit, tu veux faire ce métier c’est chouette si tu arrives à rester toi-même. Je pense que les gens pourront te prendre telle que tu es parce qu’ils prendront ce que tu leur donne. Ne pas être quelqu’un d’autre, beaucoup travailler. Les femmes ont évolué mais la parité reste cacique. C’est aux femmes de savoir la contourner et de faire comprendre aux hommes que marcher à leur côté ne veut pas dire prendre leur place. Chacun reste à coté mais pas à la place de l’autre. Personne ne peut prendre la place de l’autre. Le remède, le talisman, le gris-gris c’est le travail de tous les jours. Il faut beaucoup d’humilité et respecter ceux qui vous entourent car on est artiste à cause du public. Pas de public, pas d’artiste.

Pour plus d’informations queeneteme.fr

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