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Unesco: L’adhésion de la Palestine divise

Après la décision de l’Unesco d’admettre la Palestine comme membre à part entière, de vives réactions fusent de plusieurs Etats membres

Le Canada n’est pas heureux de l’adhésion de la Palestine à l’Unesco et remet en cause sa participation à cette agence de l’ONU, a déclaré lundi 31 octobre son ministre des affaires étrangères, John Baird. Nous allons évaluer quelle sera notre réponse, nous sommes en train d’évaluer l’avenir de notre participation, a -t-il annoncé. La contribution canadienne à cette agence de l’ONU avoisine 10 millions de dollars par an. En effet, les Palestiniens ont enregistré ce lundi 31 octobre à Paris une victoire diplomatique aussi symbolique que significative sur la voie de la reconnaissance de leur État, en obtenant le statut de membre à part entière de l’UNESCO, l’une des principales agences de l’ONU. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a décidé de l’admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre parmi lesquelles les États-Unis et le Canada.

Washington a aussitôt annoncé la suspension d’un versement de 60 millions de dollars. Un coup dur pour l’Unesco car les États-Unis assuraient 22% de son budget, avec une contribution d’environ 80 millions de dollars par an. La directrice générale de l’Unesco Irina Bokova a reconnu qu’elle était inquiète pour la stabilité de son budget. Du côté d’Israël, après une réunion du cabinet restreint de Benjamin Netanyahu ce mardi 01er novembre, la riposte est connue : l’accélération de la colonisation de Jérusalem-Est et de Cisjordanie par la construction de 2.000 logements et le gel du transfert de fonds dus à l’Autorité palestinienne. Un revers diplomatique pour Israël, qui, par ailleurs, va faire part de sa déception à la France, dont le vote a été en faveur de cette admission.

Comme la France, l’énorme majorité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l’adhésion. L’Union Européenne s’est divisée : onze États ont voté pour, onze se sont abstenus, dont le Royaume-Uni et l’Italie, et cinq, dont l’Allemagne, ont voté contre. Beaucoup d’Occidentaux estimaient que la candidature à l’UNESCO ne pouvait précéder l’aboutissement de la démarche entreprise par les Palestiniens auprès de l’ONU à New York. Le président palestinien Mahmoud Abbas avait solennellement demandé le 23 septembre à l’ONU de reconnaître l’État palestinien. Cette demande doit être examinée le 11 novembre par le Conseil de sécurité, où elle pourrait être frappée d’un veto américain. En effet, La Maison-Blanche a estimé que le vote à l’UNESCO était prématuré et contre-productif dans la perspective d’une reprise espérée des négociations de paix. La France, de son côté, a justifié son vote positif : Aujourd’hui, la question qui était posée était de savoir si la communauté internationale répondait oui ou non à la demande d’adhésion de la Palestine à l’UNESCO, a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. À partir du moment où elle l’est, il nous faut prendre nos responsabilités et répondre sur le fond. Et sur le fond, la France dit oui, a-t-il dit. L’entrée de la Palestine porte le nombre d’États membres de l’UNESCO à 195 et vient s’ajouter à celle du Soudan du Sud, votée vendredi 28 octobre.

Une vue de la Palestine sur carte
tlfq.ulaval.ca)/n


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