Société › Société

Université de Douala: Enfin les thèses en droit public et science politique

Depuis sa création en 1993, l’université étatique de la capitale économique enregistre ses premiers docteurs dans ces deux disciplines 19 ans après

Pouvoir constituant
Après le droit privé et sciences criminelles en 2010, les chercheurs en droit public du cycle doctorat de la Faculté des sciences juridiques et politiques (Fsjp) ont commencé à soutenir leur thèse de doctorat/Phd ce 17 décembre 2012. C’est Etienne Kenfack Temfack qui a ouvert le bal des soutenances, à l’amphi Georges Ngango, au campus II. Avec sa thèse intitulée Le pouvoir constituant au Cameroun. Le candidat était évalué par un jury présidé par le professeur Luc Sindjoun. L’agrégé en droit public, en service à l’Université de Yaoundé II-Soa, était assisté du professeur Léopold Donfack, doyen de la Fsjp, directeur de cette thèse et deux rapporteurs. Les professeurs Marcelin Nguele Abada et Jean Claude Tcheuwa, tous en service à l’Université de Yaoundé II. Dans cette thèse de plus de 500 pages, le candidat s’est attelé à démontrer comment se constitue et se met en uvre le pouvoir constituant au Cameroun. D’après Etienne Kenfack, la constitution et la mise en uvre du pouvoir constituant émergent du rapport conflictuel dans le champ politique entre les acteurs exerçant ou présents dans ce champ. Il s’en dégage son instrumentalisation quasi-permanente par un pouvoir constitué à des fins de construction et de consolidation de sa position au sein de l’Etat, tranche-t-il. Le candidat a été «cuisiné» pendant plus de trois heures d’horloge par un jury qui ne lui a laissé aucun répit. Les premières diatribes sont crachées par Jean Claude Tcheuwa. L’enseignant de l’Université de Yaoundé II apprend au candidat que sa thèse contient beaucoup de fautes et de contresens. Page après page, il montre à Etienne Kenfack là où il a péché. Le rapporteur relève aussi plusieurs autres insuffisances sur le plan de la forme. Manque de la table d’abréviations, mauvaise présentation des remerciements, etc. Le même travail d’inventaire est fait sur le plan du fond. Au finish, le prof lâche enfin ce que tout candidat voudrait entendre en pareilles circonstances. J’ai éprouvé un énorme plaisir à parcourir votre travail. Quelques salves d’applaudissements hésitants retentissent de l’amphi Georges Ngango pris d’assaut par de nombreux étudiants. C’est interdit. Mais, le mal est fait. Le président ne dit rien. Il passe plutôt la parole au professeur Nguele Abada. Ce dernier malmène le candidat pendant près de 30 minutes.

Emploi
Quand il boucle avec son évaluation critique, un tonnerre d’applaudissements bien nourris retentit. Cette fois, Luc Sindjoun réagit. D’un geste de la main, il fait savoir à l’auditoire que c’est interdit. C’est lui qui a le dernier mot. Pendant une dizaine de minutes, il entretient le candidat sur des concepts pas faciles à cerner par les néophytes de la discipline. Les bleus, pour faire simple. Au finish, le candidat est reçu avec la mention «très honorable», assortie des félicitations du jury. Cette saison de soutenances en droit public doit s’achever ce 22 décembre 2012. Au total, 12 candidats, en dehors d’Etienne Kenfack, doivent se relayer. En dehors du droit public, le département de science politique va savourer aussi ses premières thèses. La première soutenance sera présidée ce 18 décembre 2012 par le recteur de l’Université de Douala. Le professeur Dieudonné Oyono sera assisté de quatre autres adeptes de « l’épiscopat » universitaire. Il s’agit des professeurs Wulson Mvomo Ela, Manassé Aboya Endong, Louis Paul Ngongo et Janvier Onana.

Un des premiers Docteurs de l’université de Douala pendant la soutenance
journalducameroun.com)/n

Créée en 1993, l’Université de Douala a enregistré ses premières thèses de doctorat en droit privé en décembre 2010, sous la houlette du professeur Henri Désiré Modi Koko, doyen de l’établissement à l’époque. Créer un cycle de doctorat dans une jeune faculté nécessitait qu’il y ait en son sein un certain nombre d’enseignants de rang magistral capables d’animer la formation au niveau doctoral. Cette jeune faculté n’a eu ses premiers enseignants de rang magistral qu’en 2003. Ce qui a permis dès 2004 de lancer les premières formations de DEA dont les premiers ont été obtenues courant 2006. Quatre ans après, nous avons les premières thèses. Je pense qu’on ne devrait pas parler de retard, mais d’une progression normale dans la vie de la faculté, a justifié Modi Koko. Il a fallu attendre deux ans pour enregistrer les soutenances en droit public. Après ces soutenances, reste le plus important, l’équation de l’emploi. Nombreux sont ceux qui ont soutenu en 2010, mais qui vadrouillent toujours, à la recherche d’un poste d’assistant dans cette Faculté. Mais, en vain.

Les membres du jury pendant la soutenance
journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé