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Université de Douala: Magloire Ondoa , le nouveau recteur porté par la polémique

Magloire Ondoa (c) Droits réservés

Un décret du président de la République du 11 juillet porte l’expert en droit public à la tête de cet établissement universitaire. Le professeur était au cœur d’un scandale sur des doctorats professionnels en 2018.

Le rififi observé à l’Université de Douala en juin dernier aura-t-il eu raison de François Xavier Etoa? Toujours est-il qu’il a été remplacé. C’est désormais Magloire Ondoa qui est à la tête de l’Université de Douala. C’est la teneur d’un décret présidentiel rendu public ce 11 juillet.

En effet, un bras de fer a opposé le recteur François Xavier Etoa au Syndicat national des personnels d’appui et les délégués des personnels d’appui de l’Université de Douala (Synapauc). Malgré les mises en garde du recteur contre une grève, le 11 juin 2019, le débrayage a été respecté par des employés. Il faudra que le désormais ex-recteur de l’Université de Douala donne des assurances quant à un dialogue plus ouvert afin de régler les problèmes et frustrations des uns et des autres.

Les grévistes exigeaient alors la prise en compte des réclamations des personnels d’appui de l’université à savoir l’ajustement du Salaire minimum inter-professionnel garanti (Smig) suivant le décret du Premier ministre du 24 juillet 2014, l’application de l’article 23 du décret présidentiel de 2011 portant sur certains avantages pouvant être accordés au personnel d’appui des universités d’Etat, la rétention de certains droits du personnel à l’agence comptable (cotisations syndicales retenues à la source, allocations familiales débloquées par la Cnps), conditions d’application du décret du 24 novembre 1993, le climat social délétère et l’absence de dialogue…

-Doctorats professionnels-

Des patates chaudes dont héritent l’ancien doyen de Faculté des sciences juridiques et politiques (Fasjp) de l’Université de Yaoundé II-Soa, Magloire Ondoa. Les challenges et récriminations ne lui sont cependant pas inconnus. L’homme retombe apparemment toujours sur ses pieds. Les relations entre cet expert du droit public et recteur de l’Université de Yaoundé II, Adolphe Minkoa She ont connus des hauts et des bas. Surtout des bas. Les deux professeurs d’universités ont été plus d’une fois à couteaux tirés qui au sujet de la gestion de la Fasjp dont il avait la charge qui à propos de la conduite des doctorats professionnels instaurés au sein de Yaoundé II par Magloire Ondoa.

Adolphe Minkoa She, a accusé dans une correspondance du 13 février 2018, Magloire Ondoa d’avoir usé de «ruse» afin de faire passer une soutenance de thèse de doctorat professionnel pour un doctorat Phd en droit public. Ceci en violation des textes réglementaires. Dans la lettre, le recteur avant d’annuler la thèse de doctorat querellé va conclure «Monsieur le Doyen, en posant ce n-ième acte de provocation, d’insubordination caractérisée et de violation grossière et délibérée de la réglementation et de l’éthique universitaires, vous avez véritablement franchi la ligne rouge».

-Caisses de l’Etat-

En outre, la part (prélevé des inscriptions des doctorants) devant être reversée dans les caisses de l’Etat dans le cadre de ces doctorats a également fait débat. Des sources indiquaient qu’aucun franc n’avait été reversé par le promoteur du doctorat professionnel. Un fait que Maurice Aurélien Sosso, recteur de l’Université de Yaoundé I et président de la Conférence des chefs des institutions universitaires du Cameroun avait relevé de façon subtile en mars 2018. Interrogé sur le sort réservé aux aspirants du doctorat professionnel lors d’une réunion tenue au ministère de l’Enseignement supérieur Minesup, il avait lancé «Il faut déjà s’assurer que les paiements des étudiants sont rentrés dans les caisses de l’Etat».

Le Minesup, Jacques Fame Ndongo va intervenir à plusieurs reprises pour apaiser les tensions entre le recteur de l’UyII et le doyen et également pour trouver des solutions pour les doctorants professionnels en attente de soutenance. Le ministre va finalement couper poire en deux avec la création d’«un Diplôme des hautes études professionnelles», pour faire justice aux nombreuses personnes déjà inscrites en doctorats professionnels. Beaucoup considéraient ce scandale comme la porte de sortie de Magloire Ondoa. L’homme semble renaître de ses cendres avec le décret du 11 juillet 2019.


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