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Université du Gicam: Plus de 200 chefs d’entreprises à l’école du savoir

Pendant trois jours, ils ont reçu des cours magistraux ciblés sur les thèmes concourant au développement des entreprises

«Je n’étais pas au courant de toutes ces informations ». Ce dimanche 3 juin 2012, cet aveu du directeur général de Mitchimie après le cours magistral du professeur Roger Tsafack Nanfosso sur la gestion de la transmission provoque un concert d’onomatopées dans la salle de conférences du Gicam. Mais, surtout d’applaudissements. Le témoignage d’Emmanuel Wafo sur les difficultés du passage du témoin dans les entreprises familiales est émouvant. Pratique. Comme le DG de Mitchimie, nombreux sont ceux des patrons d’entreprises qui saluent l’exposé du président du Cercle de réflexion économique du Gicam (Creg). Le thème est « La gestion de la transmission des entreprises ». Roger Tsafack Nanfosso sert aux patrons d’entreprises tous les éléments liés à la gestion de la transmission. Les options de la succession, sa préparation, sa mise en uvre, sa réalisation. On retient surtout que 60% des entreprises familiales n’ont pas un plan de succession et que seuls 30% ont un successeur désigné. L’agrégé en économie n’oublie aucun détail. D’après lui, une bonne succession ne doit rien à la chance. Elle doit plutôt obéir à six étapes. Entre autres, l’évaluation de la valeur réelle à l’instant, mais aussi pour le futur, l’identification, l’encadrement et l’incitation du successeur à temps pour lui inculquer les valeurs, la planification des scénarios de la succession pour intégrer autant d’imprévus possible (maladie, décès, refus). En dehors de la gestion de la transmission, cinq autres thèmes majeurs permettent aux chefs d’entreprises de combler leurs lacunes. A savoir, culture africaine et pratiques managériales, fidélisation du personnel, manager par objectifs, bâtir des stratégies gagnantes, conquérir les marchés extérieurs. Plus de 200 chefs d’entreprises ont pris part à cette formation qui a duré trois jours, dont une vingtaine de la diaspora. Et les retours des uns et autres montrent à suffisance que le besoin était réel. «Les thèmes développés sont capitaux pour la survie de nos entreprises. La qualité des orateurs montre aussi le sérieux du Gicam », réagit Maurice Kouassi Ossieny, directeur de Socitech Cameroun. «Ce sont les thèmes choisis qui m’ont le plus frappé. Quand on parle de motivation du personnel c’est très important. J’ai par exemple appris que quand on fixe un objectif, il faut évaluer et que si un commercial n’a pas atteint son objectif, au lieu de le licencier, il faut le coacher », insiste-t-il.

Trois objectifs spécifiques
« L’université du Gicam est très importante, car elle nous permet d’améliorer la gestion quotidienne de nos entreprises. Ce qui m’a frappé c’est l’organisation responsable du Gicam par rapport à la qualité des intervenants et le dispositif mis en place », souligne, pour sa part, Jean Tallet, directeur général de Fiscofin Fiduciaire, porte-parole de la diaspora. Blonde Tana du cabinet Gap Consult reste dans le même élan. « Cette formation a vraiment sa place. Tous ces enseignements reçus vont nous servir dans la gestion courante de nos entreprises », reconnaît l’auditeur. La première session de l’université du Gicam s’est ouverte ce 1er juin, au campus du Gicam, sis à la Vallée des ministres, à Bonanjo. L’Université du Gicam a pour objectif général l’amélioration de la performance des entreprises par le renforcement des capacités de leurs dirigeants. André Fotso est parti d’une étude de l’Institut national de la statistique (Ins) sur la faiblesse du niveau scolaire de plusieurs chefs d’entreprises, pour créer ce concept, qui, vraisemblablement, va faire du bien aux nombreux illettrés qui dirigent cahin-caha certaines entreprises. L’objectif principal de l’Ug se décline en trois objectifs spécifiques articulés autour des publics cibles. Le renforcement des capacités des chefs d’entreprises par les acteurs des milieux universitaires, le renforcement des capacités des entrepreneurs débutants par des entrepreneurs expérimentés et le renforcement des capacités des entrepreneurs individuels ou auto entrepreneurs par des conférenciers aguerris. « Il est évident que la performance globale des entreprises serait fortement améliorée si les dirigeants étaient appuyés et accompagnés dans un cadre permanent de mise à niveau. Voilà pourquoi, nous pensons que le volet formation par le renforcement des capacités est un axe majeur », situe le président du Gicam. « La vision du Gicam aujourd’hui est de mobiliser tous les acteurs, qu’ils soient du secteur public ou du secteur privé autour d’une dynamique d’accélération de la croissance, car nous sommes convaincus que seule une croissance forte et soutenue de notre économie peut assurer le cheminement du Cameroun vers l’émergence », poursuit le président de Taf Investment group.

Nouveau dynamisme
Six mois seulement après son entrée en fonction, la nouvelle équipe dirigeante du Gicam séduit et convainc. André Fotso et son équipe (la liste alliance active) n’ont pas attendu longtemps pour insuffler un nouveau dynamisme à la mère des institutions patronales au Cameroun. Le Groupement inter patronal du Cameroun met les petits plats dans les grands, afin de retrouver son rayonnement d’antan. Il y’a eu la 113eme assemblée générale du Groupement, qui a non seulement connu une participation record de tous les chefs d’entreprise, mais a vu la présence du ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Njoumessi. Et de nombreux observateurs du milieu patronal ont dû remonter le temps pour retrouver pareille considération de la part du gouvernement à l’occasion de la tenue d’une Assemblée générale du Gicam. « Il faut rentrer plusieurs années en arrière pour voir un ministre se déplacer à l’occasion de l’assemblée générale du Gicam. C’est sous l’ère Siaka, que l’on voyait cette grande solennité à l’occasion de la rencontre annuelle des patrons de l’économie camerounaise. Avec Olivier Behle on n’a pas connu cela. Il faut saluer le dynamisme des nouveaux responsables du Gicam, qui progressivement donnent aux capitaines de l’industrie camerounaise la place qu’ils méritent dans la société. », reconnaît un journaliste présent à L’Ag du mercredi dernier 30 mai 2012 à Douala. A peine les lampions de l’Ag ne s’éteignaient que le Gicam s’est déployé sur un autre chantier : celui de la tenue dès le 1er juin, de la première édition de l’université du Gicam. Et là encore, pour un premier coup d’essai, ce fut un coup de maître. Sur le plan quantitatif, plus de deux cent participants, parmi lesquels une cinquantaine des chefs d’entreprises de la diaspora ont assidûment participé à cette rencontre dédiée au renforcement des capacités, à l’échange d’expérience entre autres.

La nouvelle équipe du Gicam insufle un nouveau souffle au mouvement patronal du Cameroun
Journalducameroun.com)/n



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