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Universités d’Etat: Les enseignants désertent les campus

Après la concertation avec le gouvernement, le Synes maintient son mot d’ordre de grève

Depuis le 13 avril 2009, les enseignants des universités d’Etat observent un mouvement d’humeur. Et le 14 avril encore, dans les salles de classe de l’université de Yaoundé I, c’est le vide. En dehors de quelques enseignants qui ne suivent pas le mouvement du syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) ainsi que des étudiants, la majorité des professeurs sont absents au cours. Le 13 avril, jour du début de ladite grève, le ministre de l’Enseignement supérieur a convoqué dans son département ministériel une réunion avec les représentants du Synes. Il s’agissait d’une réunion qui examinait les modalités de répartition des 4,1 milliards du compte spécial par grade d’enseignants. Les textes doivent être signés par le Minfi, notamment un arrêté donnant délégation de pouvoirs d’ordonnateur au Minsup et un autre nommant l’agent comptable, expliquait Innocent Futcha, secrétaire général du Synes, au sortir de la réunion avec le ministre.

Mais après la réunion, le mot d’ordre de grève a été maintenu. Les enseignants veulent que leurs revendications soient prises en compte. On veut s’entourer d’un certain nombre de garanties autour de ce décret de création d’un compte d’affectation spéciale, puisqu’il concerne la recherche, mais aussi le renforcement des capacités et l’encadrement des enseignants, poursuit-il. Mais, cette réunion d’après les membres du Synes a été interrompue suite à l’appel du premier ministre Camerounais Ephraim Inoni qui a demandé à avoir un entretien avec Jacques Fame Ndongo, Minsup, et Essimi Menye, Minfi. Il s’agissait au cours de cette réunion, d’accélérer les procédures d’ouverture du compte d’affectation spéciale à la Beac (banque des Etats de l’Afrique centrale), les arrêtés à signer pour la mise en uvre effective de ce compte. Le Pm a donné des instructions au Minfi pour la célérité dans le traitement du dossier. Ainsi, le ministre des Finances va incessamment prendre les dispositions pour cela, explique le prof. Isaac Célestin Tchého, chef de division du dialogue universitaire au Minsup.

Revendications
Cette grève des enseignants du supérieur initiée par le Synes a été suivi depuis hier dans la majorité des universités d’Etat du Cameroun. Notamment les universités de Yaoundé, Douala, Ngaoundéré, Dschang. A travers cette grève, les enseignants revendiquent de meilleures conditions de vie et de travail des enseignants. Plus précisément, le Synes réclame une augmentation du salaire des professeurs des universités d’Etat, qui selon Ndikontar Maurice Kor, secrétaire national à la communication du Synes, est largement inférieur aux appointements reçus par les professeurs des autres universités d’Etat dans les pays africains ayant un niveau économique comparable à celui du Cameroun; ils revendiquent également les primes des enseignants qui s’élèvent à un montant de 10,7 milliards par an. Depuis 1999, le Synes a entrepris en vain des démarches auprès du gouvernement camerounais, pour le sensibiliser sur la grave détérioration des conditions de vie et de travail des étudiants et des enseignants dans les six universités d’Etat du Cameroun, mais rien n’a été fait de concret.
Ce mouvement d’humeur s’articule tel qu’il suit: grève des enseignements (cours, travaux dirigés et pratiques) du 13 au 26 avril 2009; une grève des enseignements et de la recherche (encadrement et jury) du 11 au 31 mai 2009; à partir du 13 juin 2009, une grève illimitée (arrêt de toutes activités administratives, scientifiques et académiques y compris les examens).

En attendant que les dispositions soient prises, la grève continue dans les amphis. Les enseignants continuent d’attendre les regards tournés vers l’immeuble Etoile.


bonaberi.com)/n
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