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USA: Martin Atangana, le plénipotentiaire de l’enseignement

Il voulait être diplomate, il s’est retrouvé dans les amphithéâtres américains!

Martin Atangana, comme il aime à le dire, a passé son enfance à virevolter au gré des affectations de son père, qui était un haut-fonctionnaire de l’administration camerounaise et qui travaillait dans le commandement. Il a donc été partout où a travaillé son père comme chef de district, sous-préfet, adjoint préfectoral, etc. Il se souvient, de manière non exhaustive, avoir passé son enfance à Minta, à Akom II, à Dibombari, à Sangmelima, à Bengbis, à Yabassi, et à Yaoundé, où il a par ailleurs fait ses études secondaires au lycée général Leclerc, puis un tour au collège Noa à Mbalmayo, puis retour à Yaoundé de nouveau, où il fréquente le séminaire Sainte-Thérèse, puis le lycée Leclerc encore, et la boucle est bouclée à Abong-Mbang où il passe son baccalauréat. Après l’obtention de son baccalauréat littéraire, il s’inscrit à l’unique université de l’époque, en faculté des lettres et des sciences humaines où il passe une licence en histoire en 1984. Son inscription dans cette filière se fait avec l’ambition d’entrer à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC). Au bout de trois tentatives, il ne parvient toujours pas à passer le concours d’entrée de cette école. Ne voulant pas rentrer dans le marché du travail au Cameroun, il se préparait à partir de son pays. Très actif dans la musique, il jouait dans plusieurs groupes, notamment le Yaounde University Music, dans les groupes scolaires, à la CNPS, à la police, etc.

Des échecs à la réussite
Martin Atangana aurait pu consentir à travailler à la Caisse nationale de prévoyance sociale du Cameroun pour atteindre son objectif de pouvoir se payer les études qu’il ambitionnait de poursuivre. Il ne parviendra donc pas à y être recruté, pour avoir refusé d’être embauché à un niveau inférieur, du probatoire notamment, avec sa licence en poche. Tous ces échecs cumulés, il décide de partir en France, après avoir obtenu des inscriptions dans plusieurs universités parisiennes. Il débarque à Paris en 1986 et s’inscrit à l’université de Paris X-Nanterre, où il fait une maîtrise d’histoire. Etudiant en maîtrise, il continue à penser à la diplomatie. Pour preuve, il tente le concours d’entrée à l’Institut des sciences politiques, sans succès non plus. Et, comme il s’est avéré que c’est plutôt dans l’enseignement qu’il trouvera chaussure à son pied, Martin Atangana s’est fixé l’objectif, et pas le moindre, d’enseigner uniquement dans le supérieur. Et le voilà inscrit à la Sorbonne, pour un doctorat d’histoire qu’il obtient en 1994, option histoire des relations internationales. Tout au long de la préparation de sa thèse de doctorat, il se trouve une vocation africaniste. Entouré d’européens qui travaillaient tous sur certains aspects des relations entre la France, l’Angleterre et l’Allemagne, il se souvient même que le seul camarade africain qu’il avait, et qui était congolais travaillait sur les échanges de technologies entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique! Il débarque aux Etats-Unis en 1994, pour démarrer une carrière d’enseignant-chercheur. Il arrive malheureusement après les recrutements et il doit attendre la rentrée de 1995 pour avoir son premier poste à Lehman College, dans le Bronx qui fait partie du City University of New York. Entre temps, il avait passé des entretiens à Baltimore, à New Orleans, etc. Ne souhaitant pas être hors de New York, il accepte le poste de vacataire à Lehman College et se contente de ce que cela lui procure comme revenu. Après une année de vacation, il obtient un poste à temps plein pour une durée de deux ans dans le Marist College, une université de l’état de New York, située à deux heures de la ville qu’il a adoptée à son arrivée aux Etats-Unis. Et c’est pendant ces années-là, qu’il est informé de la vacance d’un poste à York College. Il postule et y est engagé depuis 1998, jusqu’à ce jour. York College fait partie du City University of New York, une université urbaine en fait, qui a des campus disséminés à travers la ville et offre des enseignements jusqu’au niveau de licence, et parfois la maîtrise. Le Graduate Center est un centre d’études doctorales qui accueille les étudiants qui vont au-delà de la maîtrise. Martin Atangana est à cheval entre ces deux institutions où il y a des étudiants à tous les niveaux, jusqu’au doctorat d’histoire.

Martin Atangana

Christian Ngalle)/n

Son côté artistique
Quand il n’enseigne pas, il donne des conférences ou fait partie d’un jury de soutenance. Il se consacre également à la publication d’ouvrages et des résultats de ses recherches, à l’instar de ce livre dont la parution est annoncée pour les prochains mois et dont le titre est The end of French rule in Cameroon. Autrement dit, la fin de la tutelle française au Cameroun, qui sera édité par University Press of America. Martin Atangana est le nom de l’enseignant dans le monde artistique. Féru de guitare, il dirige l’African Blue Note, le groupe qu’il a formé à New York, et avec qui il a déjà enregistré deux albums solo. Il commence la musique quand il est élève au Collège Noa de Mbalmayo où il a côtoyé des personnes qui avaient un nom dans l’univers musical camerounais, tel que Jules Kamga, Brice Wassi, etc. Il a pris goût et démarre sa carrière musicale dans un petit groupe de Mvog-Mbi à Yaoundé qui s’appelait Les Petits Kisito. Au départ, le groupe jouait à l’église, et progressivement il a commencé à animer des fêtes de mariage, etc. Puis, Martino jouait dans plusieurs orchestres scolaires, même ceux dont il ne fréquentait pas l’établissement, puis au YUM, le Yaoundé University Music. Dans les années 80, il commence à accompagner les grands noms de la musique camerounaise, et une fois rendu en France, non seulement il continue à accompagner des artistes camerounais, mais il passe à un niveau international en accompagnant des artistes tels Paul Simon dont il participe à l’enregistrement des disques; ainsi que Jean-Luc Ponti avec lequel il fait des albums et des tournées. Depuis son arrivée aux Etats-Unis, Martin continue à jouer avec beaucoup de groupes. Il s’est produit plusieurs fois à Disneyworld à Orlando.

Martin Atangana et ses étudiants

Christian Ngalle)/n

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