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Va-t-on interdire l’importation du riz au Cameroun?

Le ministre en charge du Commerce a évoqué cette hypothèse au cours d’une rencontre avec les acteurs du secteur

Limiter l’importation pour promouvoir la production locale
Le gouvernement du Cameroun va interdire « dans les prochains jours » l’importation du riz pour encourager la production locale, a annoncé le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana. Il justifie cette option par le fait que le Cameroun importe chaque année 500.000 tonnes de riz des pays d’Asie pour 100 milliards FCFA de dépenses. Il a relevé qu’en plus, 100.000 tonnes de riz importées sont vendues en contrebande dans les pays voisins, ce qui fait perdre des devises importantes au Cameroun. Pour réussir le pari de l’autosuffisance en riz, le ministre a demandé aux opérateurs économiques de devenir des producteurs et transformateurs de riz, afin de créer par la même occasion des emplois pour résorber le chômage (.) L’Etat a engagé un processus de récupération des terres pour développer des projets dans l’agriculture et tous ceux qui voudront produire du riz au Cameroun auront des parcelles de terrain, a-t-il assuré.

Une denrée de première nécessité
Le riz fait actuellement partie des aliments de base des populations rurales et urbaines du Cameroun. La demande nationale a été estimée en 2009 à 400 000 tonnes couvertes à hauteur de 300 000 tonnes par des importations. D’après la dernière enquête de consommation auprès des ménages, environ 138 milliards de FCFA ont été consacrés à l’achat de riz dans le budget alimentaire des ménages contre 112 milliards FCFA en 2001; soit un accroissement d’environ 4% par an. Beaucoup d’observateurs critiquent déjà une mesure qualifiée de peu pertinente. Selon eux, si le pays arrête d’importer du riz dans les prochains jours, le pays va plonger dans une pénurie sans précédent. D’après de récentes statistiques, le niveau de la production locale de riz se situe à environ 100 000 tonnes par an pour tous les espaces cultivés.

Le gouvernement accuse les ajustements structurels
De manière générale, les autorités rejettent la responsabilité de la baisse de la production sur les programmes d’ajustement structurel, qu’elles même avaient négocié et validé avec le Fond monétaire international. Les causes de la crise du riz au Cameroun sont de plusieurs ordres. La difficulté d’accès aux intrants (engrais et pesticides); le manque ou l’insuffisance de semences améliorées; la faible organisation des producteurs; les pertes post-récoltes élevées; la vétusté ou la faiblesse des rendements des équipements de décorticage; la faiblesse des financements des activités agricoles et l’enclavement des principales zones de production. Paradoxalement, le Cameroun a investi de grosses sommes d’argent pour renforcer la production locale. C’est pourquoi les observateurs se demandent quelles nouvelles stratégies, le ministre du Commerce mettra sur pied pour obtenir une production de riz au moins égale à la demande du marché camerounais. En 20 ans, le gouvernement camerounais a dépensé près de 50 milliards de FCFA pour améliorer la qualité et la quantité de riz produit localement. Le résultat est aujourd’hui connu.

La réponse du gouvernement critiquée
L’an dernier, le gouvernement du Cameroun à travers le ministère en charge de l’Agriculture, a mis sur pied un plan ambitieux. La stratégie de développement de la riziculture au Cameroun se pose en termes d’amélioration de la productivité et de la compétitivité du riz local à travers la levée des contraintes. Les options stratégiques dégagées dans le cadre de cette stratégie comprennent entre autres l’appui à l’acquisition des intrants agricoles; l’aménagement sommaire de nouvelles zones irrigables et la réhabilitation des infrastructures et équipements agricoles dans les grands périmètres rizicoles, l’appui à la structuration et à la professionnalisation des producteurs et l’appui à la transformation et à la commercialisation du riz. Les experts pour leur part on fait savoir que si cette stratégie est celle du gouvernement elle reste limitée en raison de son coût. 191 milliards de francs CFA, sur huit ans, soit 20 milliards par an. L’objectif est d’annuler les importations en faisant passer la production nationale de 65 000 tonnes en 2008 à 627. 250 tonnes de riz blanchi en 2018 et en outre, de constituer des stocks de sécurité. Un objectif quasiment irréalisable selon les experts.

Du riz en stock
Lefigaro.fr)/n


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