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VALSERO, commandant en chef des jeunes

Jeune rappeur camerounais, celui que l’on appelle parfois « le général » est très critique vis-à-vis du pouvoir de Yaoundé

Ses textes sont virulents. Iconoclastes. Et il ne s’est pas gêné pour écrire une « lettre au président » de la République du Cameroun, Paul Biya. Une lettre pour décrier vertement la gestion du Cameroun par les ministres et autres hautes responsables de la République. Une lettre dans laquelle il affirme : « ce pays tue les jeunes ». Valséro est ainsi : courageux, parfois gouailleur, mais toujours virulent quand il s’agit de décrire la situation de la jeunesse camerounaise. Parfois en treillis, ce qui lui a valu des tentatives d’arrestation, Valséro est ce « général » qui s’est servi de son expérience propre et de son talent de rappeur pour défendre la cause des jeunes. De son vrai nom ABE Gaston, Valséro est le 7ème né d’une famille de 12 enfants. Il a fait l’essentiel de ses études secondaires à Yaoundé avant de s’inscrire à l’Ecole Nationale Supérieur des Postes (ENSPT) de BUEA puis de Yaoundé où il obtient son diplôme de technicien des Travaux de télécommunications option commutation.

Ce sésame empoché, il découvre toutes les galères qu’un diplômé peut endurer dans la quête de l’emploi. Il se reconvertit dan l’animation radiophonique et intègre les radios Magic FM, Radio Télévision Siantou (aujourd’hui Radio Tiéméni Siantou) et Satellite FM. Son passage dans cette dernière radio lui permet d’imprimer ses marques dans les émissions « Première Classe » et un Hit Parade. Valséro se sent alors particulièrement à l’aise dans cette émission musicale d’autant plus que la graine de la musique germe en lui depuis plus d’une dizaine d’années. Au début des années 1990 déjà, Valséro commence à s’intéresser au Rap. Un genre musical encore mal connu au Cameroun. Il crée même un premier groupe de rap. Groupe qui fonctionne pendant 3 ans et qui anime des matinées jeunes et des kermesses scolaires. Le groupe va se désolidariser en 1997 lorsque Valséro est admis à l’ENSPT à Buéa.

Valséro ne renoue avec le rap qu’en 2000. Las de chercher du travail dans le secteur des télécommunications, il fonde un collectif baptisé K’ROZ’N avec ASAN et HOLMES, deux amis d’enfance. Le groupe a du mal à se faire une renommée. Comme marqué par les frustrations et les échecs d’une vie tatillonne, Valséro est saisi d’un engagement inédit. Son expérience et la situation désespérante qui est celle de la jeune camerounaise devient le socle de son engagement militant. Il écrit alors la chanson  » ce pays tue les jeunes  » qui devient très vite l’hymne d’une jeunesse conquise par la puissance d’évocation du message du rappeur.

Valséro

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Père de Vika, sa fille de 4 ans, il écrit aussi une chanson intitulée  » ne me parlez plus de ce pays « . Le titre est aussi bien reçu que le premier. Il décide alors de faire un album solo qui serait le reflet de la société camerounaise, et qui mettrait en évidence, les problèmes de la jeunesse il le baptisa « politikement instable ». Les thèmes qu’il développe ont une très forte connotation politique. Dans l’un de ses clips où il est question de lutte contre la corruption, l’on peut clairement voir les images de certains ministres de la République. Le clip est alors interdit de diffusion sur la télévision nationale. Mais, le rappeur ne désarme ; au contraire cette chanson aiguise la curiosité des médias privés et du public qui veut en savoir davantage.

En juillet 2007 VALSERO s’associe à la Fondation Conseil Jeune. Une association de la Société Civile qui a pour objectif de sensibiliser les jeunes sur l’importance du vote et de leur apporter une éducation et une culture électorales. Il en profite pour écrire une chanson titrée  » va voter  » puis, grâce un financement du haut commissariat du Canada au Cameroun, forme une caravane pour faire le tour du pays dans le but de sensibiliser les jeunes. Il leur demande de s’inscrire sur les listes électorales et de retirer leurs cartes de vote en main propre.
Le rappeur « politikement instable » comme s’intitule son album n’a pas fini de livrer ses combats. Il entend encore chanter, jusqu’à ce que les préoccupations des jeunes soient prises en compte. Quitte à être traité d’anarchiste et d’opposant. Armé de son courage, Valséro n’a pas dit son dernier mot.

Salut militaire de « commandant »

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