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Véro La Reine: une musicienne très engagée dans le social

L’artiste férue du Bikutsi «authentique» vient de mettre sur pied un projet d’eau potable au Cameroun.

De son vrai nom Véronique Mékongo, «Véro La Reine» est née le 6 novembre 1966 à Mvog Manga au sud de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Petite fille du roi d’Amagou Anaba, Véro La Reine est une vraie princesse au propre comme au figuré. 2e dauphine Miss de la Carinthie en Autriche en 2001, sa beauté marque sa présence sur scène et donne une touche particulière au rayonnement de ses spectacles. Son père, qu’elle n’a pas pu connaître parce qu’il est décédé alors qu’elle était encore petite, était cultivateur et chauffeur, tandis que sa mère était chanteuse traditionnelle. «Véro La Reine» est donc née dans une famille de musiciens où certains membres étaient joueurs de balafon. Elle va vivre dans cet environnement austère jusqu’au moment où elle décide de s’envoler pour l’hexagone. Lorsqu’elle débarque en Autriche en 1990 pour faire des études de musicologie à Vienne, elle constate que les rythmes du Jazz ont des ressemblances avec ceux du Bikutsi.

Un constat qui va la pousser à prendre une décision, celle de faire connaître dans le monde entier ce qu’elle appelle le vrai Bikutsi original et historique, contrairement au Bikutsi dit  »pornographique », soutenu par des commerciaux véreux et avides de faire fortune par des scandales. C’est en allant puiser ses connaissances dans le Cameroun profond auprès des anciens qui ont vécu et connaissent le vrai Bikutsi original que «Véro La Reine» trouve sa source d’inspiration. Et c’est précisément cette originalité qu’elle voudrait non seulement rétablir, mais aussi faire connaître dans le monde entier. En 2005, elle se rend au Cameroun avec une équipe de tournage autrichienne pour réaliser un documentaire sur le Bikutsi. A son actif, plusieurs prestations et concerts, notamment un concert avec Miriam Makeba et Joe Zawinul en 2003 à l’occasion de la «Jazzfest Wien Rathaus» (Concert de Jazz de la Mairie de Vienne), le tout couronné par 3 albums qui sont: «Bikutsi» en 2001, «Hommage à Marc Vivien Foé» en 2004, et tout récemment «A piece for Africa» en 2009.

«Véro La Reine» ne se limite pas qu’à chanter. Elle est aussi auteur-compositeur de ses propres chansons. Les textes rédigés en Éwondo abordent des sujets divers tels que les secrets, les us et coutumes, l’attachement à ses origines. En 2001, elle est sacrée deuxième dauphine du concours de Miss de la Carinthie, une des neuf provinces que compte l’Etat fédéral d’Autriche. A la suite du décès en plein match de son cousin, Marc-Vivien Foe, joueur de l’équipe nationale de football du Cameroun en 2003, elle sort, quelques mois plus tard, une chanson pour lui rendre hommage. Ce titre ne sera pas commercialisé, mais mis gratuitement à la disposition du public, comme l’aura souhaité Véro La Reine. En 2002, Lors de la rencontre Autriche-Cameroun au stade Ernst-Happel-Stadion de Vienne qui est certainement le plus grand stade d’Autriche, elle est invitée par les organisateurs à venir chanter l’hymne national camerounais devant 60.000 spectateurs. Héritière et gardienne du patrimoine culturel des Bétis, «Véro La Reine» est aussi très engagée dans les uvres sociales.

Véro la chanteuse
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C’est ainsi qu’en 2005, elle met sur pied le projet dénommé «Héritage» dont les objectifs sont la construction d’un centre culturel, où les vieilles générations pourront transmettre leur savoir, leur sagesse et les vieilles traditions aux jeunes, en plus de la création d’un centre de formation de musicologie. En somme, une sorte de conservatoire pour apporter son soutien à tous les jeunes dés uvrés qui ont un talent musical. Pour la réalisation de ce centre culturel, un terrain a d’ores et déjà été acheté à Nkomo Okoui à Biteng (Yaoundé) en 2003, l’année même où l’idée est née, même si des fonds supplémentaires sont encore nécessaires pour le démarrage effectif du chantier.

Toujours dans le social, elle a lancé en février 2009 le projet «Eau potable pour le Cameroun». Un projet qui lui tient à c ur au point de lui inspirer une chanson qui parle du problème d’eau en Afrique. «L’eau c’est la vie», une chanson à écouter absolument! C’est très urgent, il faut faire quelque chose. Je ne dors pas quand je me rends compte que des gens meurent dans mon pays à cause de l’eau sale. En février, j’étais déjà là-bas avec des partenaires autrichiens et nous revenons l’année prochaine pour commencer le travail. déclare-t-elle. Outre cette chanson, elle a également crée l’Association «Espoir pour tous» pour lutter contre ce phénomène. Sans nul doute, «Véro La Reine» est sur les traces de Manu Dibango, ce musicien et saxophoniste camerounais qui a su conquérir le monde par sa musique, en jetant des ponts entre les différentes cultures musicales et en brisant les tabous entre celles-ci.

Véro, l’humanitaire
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