Santé › Actualité

VIH-Sida: les malades camerounais plaident pour l’accès aux ARV de 3e ligne

L’accès aux traitements antirétroviraux de 3e ligne permettrait de sauver de nombreuses vies et donc de réduire le nombre de décès liés au VIH

Un souci pour leur non- disponibilité, l’accès aux traitements antirétroviraux de 3e ligne permettrait de sauver de nombreuses vies et donc de réduire le nombre de décès liés au VIH, a plaidé un malade du sida et représentant des personnes vivant avec le VIH lundi à Yaoundé à l’occasion de la célébration de la 27e Journée mondiale dédiée à la lutte contre la redoutable pandémie.

« Cela pose encore un problème parce qu’au Cameroun c’est un protocole qui coûte encore cher et ce n’est pas encore disponible. Ceux qui sont résistants aux deux protocoles que nous avons sont obligés d’aller en Europe pour être pris en charge (pour les fortunés d’ailleurs) », a indiqué à Xinhua Michel Iriko, en marge des cérémonies officielles de commémoration de cette journée.

« Si on réussit à avoir cette troisième ligne, je crois qu’on va sauver beaucoup de vies », a-t-il poursuivi, évoquant les nombreux cas de décès dus à ce manque de soins, comme celui de Huguette Atchomou,une militante de 37 ans de la défense des droits des personnes vivant avec le VIH, fondatrice de l’association « Espoir et vie Cameroun », décédée en septembre après un long combat pour sa survie.

D’une prévalence en régression de 5,5% en 2004 à 4,3% en 2011 pour une population estimée à environ 22 millions d’habitants, le Cameroun dénombre 134.770 personnes sous traitements antirétroviraux (ARV) dont 23.179 femmes enceintes, selon le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda.

La lutte contre le sida, a précisé celui-ci, est inscrite comme un domaine prioritaire dans l’accompagnement au développement dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), mis en oeuvre par le gouvernement depuis 2010.

Quatre objectifs sont poursuivis: la réduction de moins de la moitié de la transmission du VIH, notamment en milieu jeune et chez les professionnels du sexe, l’élimination de la transmission verticale de la mère à l’enfant, la prévention de toute nouvelle infection, surtout concernant les hommes consommant les drogues et l’accès universel aux traitements ARV à toute personne éligible.

Gratuits, ces traitements issus des protocoles de 1ère et de 2e ligne ont cependant provoqué des tensions au cours des années antérieures à cause des ruptures de stocks mal vécus par les malades.« Nous avons passé en 2011 et 2013 des années difficiles. Aujourd’hui,notre pays est jusqu’à la fin de l’année 2015 à l’abri des problèmes de rupture de stocks des ARV », a admis le ministre.

Classé pays à épidémie généralisée, le Cameroun fait partie d’ un groupe de 20 pays prioritaires des programmes de soutien de l’ ONUsida. En 2013, sur plus de 570.000 séropositifs le gouvernement avait prévu d’assurer l’administration des ARV au profit de 150. 000 malades sur un total 322.000 éligibles, un objectif encore non atteint au regard des 134.770 bénéficiaires des ces traitements cette année.

Les besoins de financement de ces traitements se chiffraient à plus de 27 milliards de francs CFA (54 millions de dollars américains) avec un gap à combler de 8,4 milliards, puisque les autorités sanitaires annonçaient un montant de 18,5 milliards disponible, des ressources fournies par les pouvoirs publics et les partenaires internationaux.

Pour l’heure, « le gouvernement à la recherche de financements additionnels, pour faire en sorte d’avoir suffisamment d’ARV », a laissé entendre lundi le ministre Mama Fouda qui s’est alarmé du nombre élevé, en dépit de la gratuité du traitement, de malades de tuberculose: 25.000 cas parmi lesquels 15.000 co-infections avec le VIH. « Il est anormal que quelqu’un reste encore avec la tuberculose sans se présenter dans une formation sanitaire », a-t-il déploré.

Pour la 14e année consécutive, la 27e édition de la Journée mondiale de lutte contre la sida placée sous le thème « Zéro nouvelle infection à VIH. Zéro discriminiation et zéro décès liés au sida », soue le patronage de la première dame Chantal Biya, a été précédée dans ce pays d’Afrique centrale de la tenue depuis le 25 novembre d’une semaine nationale sous le thème « vers une génération sans sida ».

Du Comité national de lutte contre le sida (CLNS) présidé par le ministre de la Santé publique au système des Nations Unies, l’ ONUsida, l’Ong Synergies africaines contre le sida et les souffrances créée par la première dame et la fondation qui porte son nom, la mobilisation a été une fois encore générale pour la sensibilisation de le jeunesse à l’impératif de se protéger à travers des comportements responsables contre la redoutable pandémie.

« Les enfants sexuellement actifs continuent à s’infecter. Il faut les sensibiliser, il ne faut pas qu’on attende toujours lors des grands événements. Il faut que la sensibilisation se fasse dans les établissements scolaires, dans la communauté et même dans les familles », observe cependant Michel Iriko pour qui beaucoup d’ efforts restent à faire en matière de communication.

« Il faut que l’information soit bien relayée aux personnes qui sont séropositives pour leur permettre d’avoir accès aux traitements. La stigmatisation et la discrimination, c’est encore un problème qu’il faut combattre. Le ministre lui-même l’a confirmé, dans l’entreprise quand on sait que tu es séropositif, on t’isole, même dans la famille on te chasse. Même à l’école on t’évite », déplore-t-il.

Pour ce malade de sida devenu un acteur important de la lutte contre cette maladie, « si nous réussissons à combattre ce fléau, nous allons transcender l’infection à VIH, car, ce n’est pas le virus qui tue, c’est la stigmatisation et la discrimination qui tuent. »

D’après les Nations Unies, 35 millions de séropositifs sont dénombrés dans le monde et parmi eux près de 14 millions ont accès aux traitements. Dans son message à l’occasion de la journée mondiale, le secrétaire général, Ban Ki-moon, a salué « les progrès accomplis », surtout la réduction de 38% de nouvelles infections.


femmesdetunisie.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé