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Vincent Bolloré a rendu visite à Paul Biya

L’homme d’affaires français a été reçu par le président camerounais ce lundi. Il annonce de nombreux projets, notamment une liaison rapide par autorail pour rallier Yaoundé et Douala en trois heures

De la rencontre du lundi 14 mai 2012 entre le président Paul Biya du Cameroun et l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, on retiendra des images de chaleureuses retrouvailles. A sa sortie d’audience, le breton se montre confiant. « Nous sommes venus parler du développement économique et de l’emploi au Cameroun. Nous allons investir plus de 50 milliards de francs Cfa au Cameroun au cours de cette année et l’année prochaine ». L’industriel français a aussi donné un aperçu des activités de son groupe au Cameroun. Le PDG du Groupe Bolloré a annoncé que la CAMRAIL (compagnie de transport ferroviaire) devrait engager bientôt des investissements dans le prolongement de la ligne nationale de chemin de fer en direction des pays voisins. Sur le même plan, l’annonce a été faite dès l’année 2013, de la construction d’une liaison rapide par autorail pour rallier Yaoundé et Douala en trois heures. Vincent Bolloré a fait savoir que ce projet pourra favoriser la fluidité de la circulation routière et réduire de manière subséquente les accidents de circulation qui endeuillent les familles camerounaises sur l’axe routier reliant les deux principales métropoles du pays. Enfin dans le domaine de l’énergie, Bolloré a annoncé des investissements dans le secteur des photovoltaïques. « Cet important projet, a-t-il précisé, sera entièrement financé par le Groupe Bolloré qui détient une expertise internationale dans ce domaine ».. Côté camerounais, on n’a pas eu de réaction. Pourtant derrière les belles images, la visite du puissant homme d’affaires à bord de son jet privé ne peut être une simple et banale visite de courtoisie avec des promesses de bonnes affaires. Si officiellement personne ne se prononce sur la question, l’actualité de ces derniers jours laissent envisager que la présence de Monsieur Bolloré au Cameroun participait de la stratégie de sauvegarde de ses intérêts.

Premier élément d’analyse, le pouvoir a changé en France. Nicolas Sarkozy qu’on présente proche de l’homme d’affaires quitte officiellement ses fonctions de président de la république au profit de François Hollande dont le leitmotiv est moins de politique business. Les déclarations de son conseiller actuel aux affaires africaines ne sont pas pour rassurer. Interviewé par le site www.africadiligence.com, Kofi Yamagnane a tenu à préciser que la vieille classe françafricaine conduite par l’ancien président François Mitterand et ses autres successeurs c’était du passé. « Dans l’approche de la politique africaine de la France, il y a un paramètre très important qu’il faut toujours mettre en avant : c’est l’appartenance à une génération. François Mitterrand appartenait à la vieille génération des Français qui ont participé à la colonisation de l’Afrique et l’ont dirigé comme une possession. François Hollande n’a pas connu les colonies et ne manifeste aucun des réflexes propres aux anciens coloniaux. Son approche ne contient aucun a priori bon ou mauvais. L’Afrique est pour lui un continent comme un autre, avec ses atouts, ses faiblesses et où les maîtres-mots sont respect mutuel et considération réciproque » a-t-il déclaré. Une indication claire que les prés carrés pour une certaine classe d’homme d’affaires français soutenu par leur gouvernement c’était aussi une époque révolue. Au-delà du changement intervenu dans le pouvoir en France, le Cameroun lui aussi a beaucoup changé, courtisé qu’il est par de nombreux partenaires de différents pays. En moins d’un mois, des hommes d’affaires de nationalité Marocaine, tunisienne, allemande, chinoise, australienne, et autres ont visité le Cameroun, chaque groupe avec des projets « sérieux ». Une indication ici que la concurrence augmente et que le Cameroun a désormais une gamme variée dans le choix de ses partenaires au développement économique. Sur un tout autre plan, le groupe Bolloré ne semble plus séduire au Cameroun et l’actualité des derniers jours y semble favorable. Il s’est vu sanctionné d’une amende pour violation de l’environnement -avec d’autres-, et dans de nombreux médias, le retour d’Etoundi Oyono au Port Autonome de Douala en lieu et place de Dayas Mounoume, est un signe d’avertissement du gouvernement à l’attention du groupe. Sauvegarde des intérêts ou prospection de nouveaux autres, on risque d’ignorer bien longtemps encore les vraies raisons de la visite de Vincent Bolloré au Cameroun.

Vincent Bolloré et le Président Paul Biya au palais d’Etoudi, ce 14 mai
Prc.cm)/n


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