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Vincent Nguini : dĂ©cès d’un virtuose

Vincent Nguini, artiste camerounais. ©Droit réservés

Le guitariste camerounais est mort vendredi dernier après une brève hospitalisation.

L’information a commencé à circuler sur les réseaux sociaux dans la soirée du vendredi 8 décembre. Vincent Nguini est mort. Sans plus. Quelques heures après la diffusion de la nouvelle, certains membres de sa famille sont encore trop sonnés. « Je suis dépassé. Je ne sais encore aucun détail. Je ne sais pas ce qui s’est passé », dit un de ses neveux contacté par Journalducameroun. Celui-ci reviendra quelques heures plus tard avec bien peu de détails. Vincent Nguini serait mort au Brésil après une brève hospitalisation.
C’est aux Etats-Unis qu’il avait décidé de s’installer en 1987, après avoir écumé les scènes du Cameroun, de certains pays d’Afrique de l’Ouest, de France, de Suisse ; et dirigé l’orchestre de Manu Dibango. Au pays de l’oncle Sam, le natif d’Obala trouvera un plein épanouissement professionnel. Il est notamment sollicité par Paul Simon qui, depuis 1970, s’est lancé dans une carrière solo.
 En 1990, la star américaine sort son huitième album intitulé « The rythm of the saints ». Cette production marque la première collaboration entre Paul Simon et Vincent Nguini. D’autres musiciens camerounais comme Martin Atangana, André Manga, Charlotte Mbango, Félix Sabbal Lecco y participeront pour ajouter une touche camerounaise. Résultat, Paul Simon chante « Proof », un bikutsi à la sauce universelle.
Depuis, Vincent Nguini est resté auprès de la star américaine, en tant que chef d’orchestre. A ce titre, il l’a accompagné à la Maison blanche à deux reprises pour des investitures de présidents. Il a joué aux obsèques de Michael Jackson, il est entré au Rock and Roll Hall of fame, sans compter ses collaborations avec des célébrités comme George Benson, Earl Klugh, Lionel Richie, Sylvie Vartan, Myriam Makeba, Joe Dassin, etc.

Au Cameroun, où il venait de séjourner, Vincent Nguini était resté viscéralement attaché à ses racines. En septembre dernier, il confiait au quotidien Cameroon tribune dans une interview que « Je ne manque jamais une occasion, si j’ai trois semaines, un mois de congé, de venir me ressourcer chez moi, pour voir les amis, pour voir la famille. L’inspiration ce n’est pas seulement écouter une mélodie, c’est aussi entendre les gens parler, discuter, écouter les bruits au marché. Tout ça c’est un ensemble qui inspire musicalement ».
L’artiste promettait alors de revenir prochainement avec un nouvel album, après Symphony Bantu (1994) Mezik Me Mvama (1997), Traveler (2002), Douma(2005) et Soul on fire (2013). « Là, malheureusement, je suis malade, mais j’ai un nouvel album dont je n’ai pas eu l’occasion de faire la promotion. Je serai là en octobre [2017, Ndlr] pour la promotion et pour jouer un peu. Ça fait un moment que je n’ai pas joué ici, et j’ai également envie d’écouter un peu les jeunes musiciens jouer », disait-il.
Vincent Nguini n’en aura pas eu  le temps, fauché par la mort qui, en quelques semaines, a emporté d’autres grands noms du bikutsi camerounais comme Mballa Rogers et Mbarga Soukous.

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