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Voici en intégralité la lettre du collectif du personnel licencié du Messager

Lettre adressée au gouverneur du littoral, Faï Yengo Francis et reçue à notre rédaction.

Excellence Monsieur le Gouverneur,

Suite à une revendication de 7 mois d’arriérés de salaires impayés, les journalistes, le personnel technique et de la documentation du quotidien Le Messager ont observé un arrêt brusque de travail depuis le mercredi 2 décembre 2009, parce qu’étant dans un état de surendettement insupportable, pourchassés par les bailleurs et les créanciers, et n’ayant plus de quoi payer le bus à 150Ffa pour arriver à leur lieu de travail.

Suite à cet arrêt, monsieur Pius Njawé nous a invités à une réunion le mardi 8 décembre, juste pour nous dire qu’il pouvait se débrouiller à nous payer 3 mois de salaires sur les 7 mois dus avant les fêtes de fin d’années. Il nous a surtout dit que nous devrions cesser de travailler parce qu’il ne voulait plus qu’on ajoute un 8eme mois de salaire à ces arriérés.

Pendant que nous attendions tranquillement, et avions crus que l’entreprise est confrontée à des difficultés financières, nous constatons qu’il y est opéré des recrutements de nouveaux journalistes pour nous remplacer. Pourtant lors de notre rencontre, Pius Njawe nous a fait croire qu’il n’a pas de l’argent pour continuer à payer le personnel. Ce qui nous fait penser que nous qui sommes dehors ne sommes plus une priorité pour lui. Nous voilà donc mis à la porte pour avoir osé revendiquer nos salaires.

Nous venons auprès de vous Excellence, vous prier d’intervenir dans cette situation, afin que monsieur Njawé respecte ses engagements de nous avancer 3 mois d’arriérés de salaire avant les fêtes, et qu’il donne une date précise à laquelle il doit apurer les arriérés restants. Date qui pour nous ne doit pas excéder un mois. Nous voulons ensuite qu’il formalise ce qui pour nous n’est plus ni moins qu’un licenciement : si monsieur Njawé n’a plus besoin de nous, qu’il apure nos salaires et liquide nos droits, car ses agissements peuvent aboutir à une crise sociale. Parce que les onze (11) employés que nous sommes, entendons engager une action plus forte de manifestation publique au siège du Messager dès le 24 décembre 2009 si les engagements pris ne sont pas tenus.

Vous sachant attaché à la paix et à la justice, nous ne doutons pas que vous accorderez une attention particulière à cette crise, et que vous mettrez toute votre énergie pour combattre cette injustice et ce déni des droits fondamentaux de l’homme, pratiqués paradoxalement par celui là qui se présente aux yeux de l’opinion comme défenseur des droits de l’homme et des libertés.

Voici du reste la liste du personnel ainsi mis à la porte :
Mathieu Nathanaël Njog, Roland Tsapi, Léopold Chendjou, Bernard Batana, Alain Njipou, Sévère Kamen, Frank William Mbatchou, Linda Mbiapa, Francis Meli, Serges Dooh, Michelle Kamo.


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