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Vote des camerounais de la diaspora: ELECAM mis hors jeu

Un texte du Président de la République confie l’organisation du processus au ministère des relations extérieures et ses démembrements à l’étranger

Elections Cameroon (ELECAM) vient d’être mis hors jeu sur le vote des camerounais résidant hors de leur pays. La radio nationale a rendu public lundi 8 août 2011, un texte signé du Président de la République sur le sujet. Le texte fixe les modalités d’exercice et d’organisation du vote de la diaspora camerounaise. Il intervient alors que le Directeur Général d’ELECAM, avait annoncé l’envoi vers l’étranger d’une délégation en vue d’organiser le déroulement des inscriptions sur les listes électorales. Pour l’essentiel, le texte présidentiel retire la compétence effective de cette opération à cette instance, tant en ce qui concerne les inscriptions sur les listes électorales, la remise effective des cartes d’électeurs et l’organisation des votes. Sur les inscriptions, une commission présidée par un représentant diplomatique ou consulaire, va être créé. Elle aura la tache de recevoir les demandes d’inscriptions, contre récépissés. Pour s’inscrire, il faudra avoir une carte consulaire. Le récépissé d’inscription apprend-on ne donnera le droit que de contester pour ce qui est de l’inscription. Une fois les inscriptions effectuées, les responsables de commission vont transmettre l’ensemble au ministère des relations extérieures, qui lui se chargera de remettre l’ensemble au bureau d’ELECAM. L’organisme après vérification produira des cartes d’électeurs, qu’elle transmettra au ministère des relations extérieures, qui lui-même l’acheminera vers les représentations diplomatiques ou consulaires à l’étranger. Une liste des inscrits sera affichée sur place et les camerounais de l’étranger pourront retirer leurs cartes, chacun dans son lieu de résidence.

Pour ce qui est du vote proprement dit, c’est la même commission d’inscription sur les listes qui va se muer en commission chargée d’organiser le vote. Le représentant diplomatique ou consulaire à sa tête, aura aussi la mission de veiller à la police électorale. Une fois les votes effectués, les procès verbaux seront transmis une fois encore au ministère des relations extérieures qui donnera une copie à la commission de recensement des votes, et une autre copie à ELECAM. D’un autre côté, ELECAM perd aussi la possibilité de gérer les bureaux de vote à l’étranger. C’est sur proposition des représentants consulaires et diplomatiques que ces bureaux de vote seront crées. Quelques pouvoirs ont été confiés à l’organisme en charge de gérer les élections au Cameroun. Il connait des réclamations sur les inscriptions. Une tache difficile pour lui et pour les réclamants, compte tenu de la distance qui peut les séparer. Par contre, ce que l’opposition pouvait craindre sur le vote de la diaspora est en train de prendre forme. L’administration s’est arrogé tous les pouvoirs et ELECAM est confiné au statut d’observateur passif, sans aucune ressource. Quant aux partis politiques, il est évident qu’ils seront hors jeu sur la possibilité de contrôler la transparence du vote de la diaspora. Le texte prévoit que si un parti veut être présent dans un bureau de vote au niveau de la diaspora, cela devra être à ses frais. Or très peu de partis ont l’envergure suffisante pour envoyer des membres à eux, superviser des élections aux quatre coins du monde, mais le RDPC lui le peut. Ce nouveau texte risque de relancer le débat sur la volonté réelle du régime au pouvoir de faciliter la tenue d’élections transparentes et équitables. Le weekend dernier, certains camerounais résidant en Belgique faisaient savoir que l’ambassade locale multipliait des man uvres pour écarter certains camerounais du processus d’inscription sur les listes.

Vote des camerounais de la diaspora: ELECAM mis hors jeu
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