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Yaoundé: Enfin le début des travaux à l’immeuble ministériel N°1!

Le ministre Clobert Tchatat du développement urbain a présidé au pied de cet immeuble la cérémonie de lancement des travaux officiels de sa réfection

Enfin le début des travaux!
C’ est sous une dalle marquée par l’usure du temps, dans le hall de l’immeuble ministériel n° 1 (immeuble de la mort) situé en plein centre-ville de la ville de Yaoundé la capitale camerounaise, que le ministre du Développement Urbain et de l’Habitat, representant le premier ministre Yang Philémon, a présidé cette cérémonie très attendue. Longtemps annoncée après la signature des accords de partenariat entre le gouvernement et la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale le 4 mai 2010 dernier, la cérémonie de lancement des travaux de réhabilitation de cet immeuble a eu lieu ce mercredi 1er juin 2010 dans une certaine discrétion. Un projet très sensible. La question de cette rénovation a fait pendant longtemps l’objet de nombreuses polémiques. La CNPS qui accepte de participer entièrement au projet de rénovation s’est engagée à parachever les travaux de constructions de l’Immeuble, entrepris en 1984 et qui se sont arrêtés en 1989, à cause de la grave crise économique que traversait le Cameroun comme de nombreux pays d’Afrique. Abandonné, il avait été transformé en un refuge des malfaiteurs, semant le trouble et la confusion au sein des populations riveraines. Il aura fallu pratiquement 30 ans pour voir renaître l’espoir d’une fin des travaux sur l’immeuble. Ces travaux doivent en principe durer 24 mois, suivant les indications portées dans le dossier de presse. En prenant la parole durant la cérémonie protocolaire, l’architecte du projet, monsieur Ekindi Aristide, a fait savoir que le gouvernement avait imposé un délai plus court (17 mois) dans les cahiers de charge.

Un immeuble détérioré à 50%
Pour mener à bien les travaux, Aristide Ekindi qui est le maître d’ouvrage délégué utilisera les services de l’entreprise chinoise China SHANTI Construction Engineering Corporation, une entreprise qui a fait ses preuves en construisant le Palais des Sports de Yaoundé. La représentation camerounaise du cabinet Veritas s’occupera du contrôle de qualité de l’exécution des travaux. Ce sont des constructeurs allemands qui avaient débuté la construction de cet immeuble dont la réalisation avait été confiée à un grec. Au moment de l’arrêt des travaux, l’immeuble était achevé apprend-on à près de 80%. Selon Monsieur Ekindi l’ingénieur en charge de la réfection, le bâtiment a subi de nombreux dommages. L’état de détérioration est estimé aujourd’hui à 50%. Le coût des travaux de réfection a été évalué à 16 milliards de francs CFA. La direction générale de la CNPS bénéficiera d’un bail emphytéotique sur ce bâtiment dont la structuration pourra permettre à la CNPS de régler les charges du bail, mais aussi de dégager d’importants bénéfices. Difficile cependant de savoir les véritables dessous de l’accord entre le gouvernement et la CNPS. De toute évidence l’introduction de la CNPS dans ce dossier qui était su de tous les milieux autorisés depuis février 2010 reste une grosse surprise. La CNPS, on le sait ne fait pas dans le bâtiment. La question est de savoir qui de la Caisse ou du comité va contrôler les travaux de réfection. Selon certaines sources la CNPS aurait saisi une opportunité unique.

Immeuble de la mort, la légende
Journalducameroun.com)/n

Pas d’indications claires sur le processus de rentabilisation de l’immeuble
Un expert des questions de droit affirme que le contrat liant la CNPS à l’Etat ressemble à une vente au franc symbolique, contre annulation par la Caisse de tout ou une bonne partie de la dette sociale de l’Etat. Une information non confirmée par les différentes parties. Pourtant certains experts du droit affirment que le caractère emphytéotique de l’accord pourrait accréditer cette thèse. Le montant des travaux (16 milliards de francs CFA) a été rendu public, mais le montant du bail n’a pas été donné affirme un juriste, qui ajoute quoi qu’il en soit, la CNPS est habilitée à gérer l’immeuble pendant les quarante prochaines années, comme si elle en avait toujours été propriétaire; le seul droit de l’Etat sera de s’assurer que les travaux de réfections et les clauses d’entretien sont respectés. Le Directeur général de la CNPS répondant à la question des motivations de son initiative a fait valoir l’impérieuse nécessité d’investissement de l’entreprise dont il a la charge et le besoin de contribuer à l’embellissement de la capitale camerounaise. De nombreux observateurs s’interrogent sur l’opportunité d’investir sur un immeuble dont le positionnement est qualifié de risqué. Pourtant le secteur des logements sociaux qui manque sérieusement aux grandes agglomérations camerounaises aurait été plus rentable à moyen terme. Difficile aussi de savoir si cet investissement rapportera suffisamment pour combler le trou crée dans les caisses des pensions retraite. La CNPS n’a pas clairement indiqué comment elle envisageait de rentabiliser son investissement. Les sommes engagées seront dépensées en deux ans pour mener l’opération.

Clobert Tchatat sur le chantier de l’immeuble N°1
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