Culture › Musique

Yaoundé: La capitale vibre au rythme des cabarets!

Ces lieux d’ambiance et de plaisir, attirent de plus en plus des mélomanes et les noctambules de la « ville aux sept collines »

Les weekends sont toujours explosifs pour les Yaoundéens qui décident de faire un tour dans l’un des cabarets de Yaoundé, la capitale camerounaise. De vendredi à dimanche, les cabarets offrent aux mélomanes une ambiance à la fois festive féérique voire tonitruante. Ici le protocole n’est la chose du monde la mieux partagée. Hommes et femmes de diverses classes sociales se confondent sur la piste de danse aménagée autour des chaises en plastique en bois et des casiers de bière.

Dans ces lieux, le bikutsi rythme traditionnel local se consomme à profusion. Le podium est l’endroit où se produisent les vedettes de la soirée dont les noms sont préalablement affichés sur un babillard à l’extérieur du cabaret. Il faut dire que si le vendredi et le dimanche les cabarets sont sollicités, c’est beaucoup plus le samedi que ces lieux connaissent une affluence débordante. L’odeur de la bière qui coule à flot et dont les prix varient entre 1000fcfa et 1200fcfa (les whiskies eux se vendent entre 30000fcfa et 35000fcfa la bouteille), mélangée à celle de la cigarette et de la sueur, amplifiée par la chaleur, créent une ambiance et une atmosphère on ne peut plus « démentielle ». Contrairement aux boites de nuit ou aux concerts populaires où la sécurité des artistes est assurée, dans les cabarets les mélomanes peuvent monter autant que faire se peut au podium pour communier, danser ou « faroter » leurs stars. Les artistes locaux, notamment les « bikutsimen »sont les plus programmés dans les cabarets à Yaoundé. Lady Ponce, Majoie Ayi, deux égéries du bikutsi créent actuellement un véritable délire à chacune de leurs prestations scéniques. Idem pour Tsimi Toro, Tonton Ebogo, Aijo Mamadou ou encore Josco l’inquiéteur etc.

Le moins que l’on puisse dire est que les cabarets ont le vent en poupe à Yaoundé. Au point de faire une véritable concurrence « déloyale » aux night clubs de la capitale. En plus pour mieux attirer le public, les cabarets de la capitale s’ouvrent aux autres mouvances musicales et rythmiques. Le cas du makossa, la rumba etc. Les prestations scéniques des artistes Nguéa la route, Sergeo polo, Petit Pays au cabaret la Mefou ou encore les passages des artistes Henri Njoh, Ntumba minka, Flavy Nono, au cabaret le carrossel, les derniers shows de Longue Longue, Prince Eyango au cabaret « bois d’ébène » le montrent de manière efficiente. D’autres cabarets comme « la fiesta » « elle et lui » ou encore « Lisa et Christopher » attirent également du beau monde.

Entrée principale d’un cabaret.
journal du Cameroun)/n

L’essor de ces milieux de plaisir, dont l’entrée est fixée à 1000fcfa pour certains et gratuite pour d’autres, est bénéfique pour les artistes qui peuvent ainsi prester dans plusieurs cabarets en une même nuit. Au carrossel, actuellement considéré comme le plus vieux cabaret de la ville de Yaoundé, l’orchestre interprète les chansons des grands noms de la chanson africaine : Papa Wemba, Koffi Olomidé, Jb mpiana, Petit Pays etc dans l’optique d’appâter plus encore les mélomanes, noctambules et autres fêtards.

Il faut dire que dans les années 1980 à Yaoundé c’est les célèbres « pakita » et « carrossel » qui faisaient vibrer la capitale camerounaise au rythme du bikutsi dont les leaders n’étaient autres que les MESSI MEKONDA MARTIN, les ZOMBIS de la capitale, et autres K- TINO. A cette époque, le bikutsi n’avait pas encore subi les mutations qu’impose la mondialisation. La nouvelle génération d’artistes soutenue par une vielle garde toujours présente, est venue impulser une dynamique nouvelle à ce rythme Yaoundéen qui a su transcender les frontières et clivages du pays de Paul Biya. Les camerounais de la diaspora et certains étrangers en séjour à Yaoundé n’hésitent pas à goûter au plaisir des ambiances chaudes des cabarets entre 21h et 6h du matin. Mais même si ces lieux attirent du beau monde, il s’y pose toujours avec emphase l’épineux problème d’insécurité permanente.

Un podium où se produisent des artistes.
journal du Cameroun)/n
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