Société › Société

Yaoundé: les «call-box» en grève

Ils ont effectué un arrêt de travail lundi, 07 mars, pour exiger l’amélioration de leurs conditions de travail et leur rémunération

«Je voudrais un transfert de 1000 F CFA », demande une dame, au tenancier d’un kiosque de vente de crédit de communication, situé à moins d’une dizaine de mètres de l’entrée principale de l’hôpital de la Caisse nationale de prévoyance sociale, au quartier Essos à Yaoundé. «Il n’y a pas de crédit», répond le vendeur. «Puis-je appeler Orange?» (ce qui sous-entend un abonné à Orange, l’une des compagnies privées de téléphonie mobile au Cameroun) ? renchérit la cliente. «Non!» répond le tenancier du «call-box», nom populaire des kiosques permettant d’acheter du crédit de communication en détail au Cameroun. La scène, vécue par le reporter de Journalducameroun.com, qui se déroule ce lundi matin, 07 mars 2016, n’est pas isolée. Les propriétaires de «call-box», voisins à celui que nous avons rencontré en premier, donnent spontanément la même réponse à tous les clients, certains indiquant clairement même les raisons de cette situation: «nous sommes en grève!».

La grève a été annoncée dans des tracts remis aux tenanciers de «call-box» et autres vendeurs ambulants de crédit de communication. «Le gouvernement ayant sollicité un report de trois semaines de la grève prévue le 10 février 2016 pour donner réponse à nos revendications et notre situation ne s’étant pas améliorée, nous sommes tous invités à un arrêt de travail en restant chez nous le lundi 07 mars 2016 jusqu’à ce que Camtel, Orange, MTN et Nexttel (tous opérateurs de téléphonie au Cameroun) améliorent nos conditions de travail et de rémunération», écrit le «Syndicat des call-boxeurs, call-boxeuses et livreurs» (Sydecdiprotec).

Et de préciser: « c’est-à-dire 50% des bénéfices sur les achats de crédits de communication, la capacité d’exercer sans être dérangé par la Communauté urbaine (Awara); les solutions pour la récupération de nos crédits volés et soutirés dans nos comptes…»

Un « call-box » à Yaoundé. Ici, on fait la grève!
Journalducameroun.com / Eugène C. Shema)/n

Grève à deux vitesses
Les revendications auraient été posées par le Sydecdiprotec depuis le 17 novembre 2015. La grève du 07 mars résulte d’une autre, fixée au 10 février 2016 et reportée.

«Vendre 10 000 F CFA de crédit pour avoir un bénéfice de 500 F CFA, c’est ridicule», explique un propriétaire de call-box pour, lui aussi, cautionner cette grève.

Tous n’ont pourtant pas suivi l’arrêt de travail spontanément. Le reporter de Journalducameroun a pu effectuer l’achat de crédit d’une valeur de 500 F CFA de l’opérateur Orange, auprès d’un «call-boxeur» qui, tout en affirmant être au courant du mot du syndicat, a justifié son acte en questionnant : «Je fais quoi du crédit acheté (auprès d’un livreur) et que je dois rembourser?». Un autre indique qu’il suit le mouvement malgré lui parce que les livreurs qui ravitaillent les call-box ont eux-mêmes «décidé de rester à la maison». «J’avais 5000 F CFA en matinée, j’ai tout vendu. Malheureusement le livreur est en grève», affirme-t-il.

Le tract distribué aux « call-boxeurs » et « call-boxeuses » sur la grève du 07 mars 2016
Journalducameroun.com / Eugène C. Shema)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut