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Yaoundé s’arrime à l’utilisation des tests moléculaires pour diagnostiquer la tuberculose

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Les tests basés sur la reconnaissance de l’ADN, qu’implémentent les formations sanitaires de la ville, permettent de délivrer les résultats des patients en peu de temps.

L’usage de tests moléculaires pour un dépistage de la tuberculose se fait déjà au Centre Pasteur du Cameroun, à l’hôpital de district d’Efoulan, au Centre Jamot et à l’hôpital militaire de Yaoundé. Il s’agit des tests dénommés TB Lam et GeneXpert MTB/RIF. Le premier permet de déterminer si une personne souffre de cette maladie tandis que le deuxième détecte en plus une résistance à la Rifampicine. « Ces techniques sont basées sur l’identification de l’ADN. Nous, on n’a besoin que d’une quantité infime de cet ADN pour avoir la preuve de la présence de cet être bactériologique et pouvoir dire que c’est la tuberculose. Ils nous permettent, en plus, de savoir si ces microbes sont sensibles aux médicaments usuels ou bien s’il faut prendre des médicaments plus forts pour lutter contre une forme particulière de tuberculose », indique le Dr Jean Louis Abena, secrétaire permanent du programme national de lutte contre la tuberculose.

TB Lam permet de détecter la tuberculose, même au stade latent et avec un simple échantillon d’urine, notamment chez des personnes vivant avec le Vih/Sida. Ce nouveau test (homologué en 2016) rapide détecte la présence de l’antigène LAM (lipoarabinomannane) dans l’urine, ce qui favorise un dépistage plus rapide et un traitement plus précoce qu’avec les méthodes traditionnelles. « Il est plus sensible que le microscope. On souhaite que dès que quelqu’un commence à tousser, on lui fasse son test et pour détecter directement qu’il s’agit de la tuberculose », affirme le Dr Jean Louis Abena.

S’agissant du GeneXpert MTB/RIF, il permet de diagnostiquer la tuberculose, notamment la tuberculose pulmonaire, et de connaĂ®tre toute rĂ©sistance Ă  la rifampicine (antibiotique utilisĂ© pour traiter un certain nombre d’infections bactĂ©riennes).

Les avantages de ces méthodes ont été présentés la semaine dernière au Centre Pasteur de Yaoundé, en présence d’une centaine de prescripteurs et laborantins des formations sanitaires de la capitale. Objectif : amener ces professionnels de la santé à favoriser ce GeneXpert MTB/RIF et le TB Lam comme tests initiaux en lieu et place de la microscopie ou de la culture. Celles-ci restent cependant nécessaires pour le suivi des patients.


Le Cameroun a enregistré 49 000 cas de tuberculose en 2016, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Seulement 26 000 de ces cas ont été notifiés dans des structures hospitalières. Le diagnostic est présenté par les experts comme l’un des moyens, après le vaccin, d’éviter la propagation de cette maladie.

Il ressort des assises du 11 novembre que les tests molĂ©culaires en plus de favoriser une Ă©conomie de temps, donnent des rĂ©sultats beaucoup plus fiables. GeneXpert MTB/RIF dispose d’une sensibilitĂ© de 89,9% et TB Lam de 82,6% contre 53,6% pour la microscopie.

« Les derniers outils de dernière gĂ©nĂ©ration sont disponibles pour la lutte contre la tuberculose au Cameroun au et ils sont progressivement mis en place. La ville de YaoundĂ© ambitionne d’avoir une  couverture de 100% d’ici dĂ©cembre 2018. 50% des patients dans la ville sont dĂ©jĂ  diagnostiquĂ©s Ă  partir de ces tests« , souligne le Dr Jean Louis Abena.

En dehors de Yaoundé, ces tests moléculaires se retrouvent, entre autres, dans les villes de Mbalmayo et Bafia.

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