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Zone CEMAC: La facilité au commerce face au défi du nouveau régime centrafricain

Des syndicats de transporteur au Cameroun et en RCA ont saisi le président Michel Djotodjia d’un préavis de grève dénonçant des exactions dont leurs membres sont l’objet

Le syndicat National des chauffeurs professionnels des Transports du Cameroun a saisi le président récemment installé de république centrafricaine, Michel Djotodjia pour lui faire part de ce qu’ils entrerait en grève si des mesures n’étaient pas prises pour garantir la sécurité de leurs membres en territoire centrafricain. Dans une lettre adressée par l’entremise de l’organisation s ur centrafricaine, l’Union Syndicale des Conducteurs de Centrafrique, le syndicat camerounais dresse une liste de difficultés dont ils font l’objet de la part de personnes identifiées par lui comme étant du Seleka, le nouveau groupe politique au pouvoir en République centrafricaine. Ce qui au départ semble avoir été admis de tous aurait viré à l’extorsion des fonds avec toujours plus d’argent à payer, du carburant à donner, des contrôles intempestif et la goutte d’eau aura été le décès d’un jeune aide chauffeur Camerounais assassiné récemment à Bangui. En visite à Garoua Boulaï, le ministre centrafricain de l’intérieur avait selon le syndicat camerounais promis que les choses rentrerait dans l’ordre sur une période de deux mois, une promesse qui de toute évidence n’a pas été tenue. L’initiative de l’organisation camerounaise a trouvé un écho favorable auprès du syndicat centrafricain des transporteurs dans un mémorandum adressé aussi au président Djotodjia, exigeant son autorité sur ce qui pourrait devenir un risque majeur pour la Centrafrique

La Centrafrique est de par sa position un pays enclavée et le tissus économique faible l’oblige a dépendre essentiellement de l’extérieur. Or jusqu’ici, la seule voie logistique est le corridor qui relie Douala la capitale économique Camerounaise à Bangui la capitale politique de RCA. Le réseau routier long de près de 28 000 kilomètres est suffisamment bon selon ses utilisateurs mais son parcours est rendu difficile par les tracasseries. Difficile de savoir comment le nouveau régime à Bangui prendra cette initiative. Les conséquences prévisibles d’une grève prolongée des transporteurs non centrafricains sont à première vue une augmentation des pénuries sur un ensemble de produits de base consommés par des centrafricains. L’autre conséquence sera celle de faire reculer les avancés du délicat projet financé par la Banque Mondiale de facilitation au commerce. Avec les gouvernements du Cameroun, du Tchad et de la RCA, les différents acteurs du projet avaient planché fin 2012 sur les moyens de réduire les pertes de temps liées aux tracasseries routières, preuve que ces tracasseries ne sont pas la seule exclusivité du Seleka, même si la précarité de ses forces de l’ordre empire la situation. Sur la base d’analyse comparée aux situations analogues, il est à envisager que ce problème transport banal d’apparence, soit à l’origine de nouvelles crises sociales en RCA. Les populations qui souffrent déjà du manque d’argent risque en plus de gérer une inflation insoutenable susceptible de relancer la colère. Le syndicat camerounais des transporteurs eux sont loin de ce débat économique. Dans leur lettre, ils font savoir que si les exactions ne cessent pas ils arrêteront de transporter les biens vers la RCA. Le pays qui cumule déjà -14% de croissance risque de connaitre d’avantage de difficultés avec pour dommages collatéraux de nouvelles pressions sur la frontière camerounaise.


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